Afin d’en apprendre plus sur la haute pression, consultez le billet précédent, Grossesse et haute pression : l’hypertension chez la femme enceinte.

Par définition, l’hypertension gravidique est l’une des principales complications de la grossesse. Chez une femme enceinte, on pose ce diagnostic lorsqu’on relève une tension artérielle égale ou supérieure à 140 pour le chiffre du haut et égale ou supérieure à 90 pour le chiffre du bas, et ce, même si elle est au repos.

Plusieurs interventions peuvent être mises de l’avant si la mesure de la tension artérielle s’avère trop risquée pour une personne. Mais le plan de traitement revient définitivement à l’intervenant de la santé. Il évaluera la personne individuellement  en fonction de facteurs aggravants ou sécurisants pour elle. Aussi, lorsqu’on arrive avec une tension qui s’établit, par exemple, à 160/110 (ou plus pour les deux chiffres), on parlera davantage ici d’hypertension artérielle grave ou hypertension sévère.

Lorsque ces marqueurs sont élevés, votre cœur travaille plus fort et cela peut entraîner plusieurs effets secondaires, divers symptômes (syndrome) et avoir des répercussions sur d’autres organes de votre corps (rein, foie par exemple). Donc influencer la santé à la fois de la maman et du bébé lors d’une grossesse.

Classification de l’hypertension durant la grossesse

Lorsqu’on détermine la classification des différentes hypertensions durant la grossesse, on peut regarder différents marqueurs dans le sang, faire des échographies et voir des symptômes rénaux possibles comme des protéines dans les urines.

Voici les différentes classifications possibles

Hypertension artérielle préexistante (1 à 2 % des femmes enceintes) :

L’hypertension artérielle préexistante ou chronique fait référence à la femme qui avait déjà de l’hypertension avant de devenir enceinte ou qu’elle l’a développée avant sa 20e semaine de grossesse.

Hypertension gestationnelle ou gravidique (5 à 7 % des cas) :

L’hypertension gravidique apparaît plutôt après 20 semaines de grossesse et encore plus dans le dernier trimestre de la gestation. Les femmes enceintes dépistées avant la 34e semaine de grossesse ont plus de risques de cheminer vers la pré‑éclampsie.

La pré‑éclampsie :

La pré‑éclampsie est un diagnostic plus précis qui fait référence à la présence de risque chez la femme enceinte avec des symptômes de la haute tension artérielle (chronique ou gravidique) associé à des marqueurs sériques (dans le sang) venant du placenta et autres hormones spécifique (plus il y a de résultats anormaux ou valeurs extrêmes ou aberrantes, plus le risque est grand pour la femme), à la présence possible de protéines dans ses urines, une atteinte à un organe de la femme enceinte, comme le rein ou le foie par exemple et un retard de croissance chez le fœtus. Retrouver des protéines (albumines) dans les urines de la femme enceinte témoigne que les reins sont très sollicités. Ceux-ci ne peuvent plus exercer leur rôle à pleine capacité en retenant les éléments qui devraient être résorbés normalement lors de la filtration du sang dans le rein.

Toutefois, on peut faire de la pré-éclampsie sans protéine dans les urines. Sans être un incontournable, on remarque très souvent aussi, lors d’un diagnostic de pré‑éclampsie, une enflure (œdème) plus marqué aux extrémités de la femme enceinte et à son visage.

Photo - Test de la présence de protéines ou de sucre dans les urines de la femme enceinte
On teste la présence de protéines ou de sucre dans les urines de la femme enceinte grâce à une bandelette réactive (labstix) que l’on immerge dans un échantillon d’urine de la future mère. On identifie s’il y a présence ou non de protéine et de sucre dans son urine. Dans la plupart des suivis de grossesse, on peut lire « trace » seulement, qui reste sans conséquence. On peut également lire +1 ou +2 et parfois plus, ce qui nous amène à investiguer davantage à ce niveau et à suivre de près la situation.


Les symptômes

La pré‑éclampsie, aussi appelée toxémie gravidique, est la situation que l’on veut prévenir le plus possible lorsqu’on dépiste de l’hypertension chez la femme enceinte. Les symptômes sont plus importants, ils arrivent souvent dans le 3e trimestre et les risques de complications pour la mère et le bébé sont aussi plus élevés. Environ 26 % des femmes enceintes qui ont des symptômes d’hypertension auront un diagnostic de pré-éclampsie. C’est pourquoi une femme enceinte qui présente une pré‑éclampsie sera suivie durant la grossesse par une équipe spécialisée attitrée aux grossesses à risques élevés. Cette équipe se compose souvent de gynécologues‑obstétriciens, d’internistes en médecine obstétricale, d’infirmières, d’échographistes, etc.

Différents tests sanguins seront faits par intervalles pour mesurer les marqueurs spécifiques pouvant être prédictifs. Par exemple voir la tension artérielle moyenne, faire un doppler des artères utérines pour évaluer la circulation sanguine dans ces vaisseaux et faire des échographies pour évaluer la croissance du bébé pourront être effectués périodiquement pour suivre l’évolution des indices d’aggravation de la situation. Des maux de tête importants, des changements dans votre vision doivent être mentionnés à votre intervenants de la santé lors de votre suivi.

Les autres classifications de l’hypertension possibles :

À l’occasion, il arrive qu’on note une tension plus élevée à un rendez‑vous de suivi, puis que tout rentre dans l’ordre lors d’un contrôle de surveillance. On dit souvent une » hypertension situationnelle » qui est » une fausse » hypertension reliée à une situation très pointue comme: un retard, une émotion particulière, voir le médecin avec son sarrau blanc, un stress passager sans plus. On pourra alors dire que l’hypertension gravidique était transitoire seulement. Pour les prises de tensions artérielles à la maison, s’il y a lieu, s’assurez que la femme enceinte prenne un brassard adéquat et que sa technique de prise soit adéquate.

La cause (étiologie) de l’hypertension gravidique

La cause de l’hypertension gravidique et de la pré‑éclampsie est inconnue même si certains facteurs peuvent les prédisposer. Toutefois, au niveau physiologique, on remarque que la femme enceinte souffrant du trouble de la pré‑éclampsie a souvent une perturbation circulatoire sanguine au niveau de son placenta, ce qui amène un trouble de fonctionnement plus généralisé et des symptômes se rapportant à la pré‑éclampsie. Certains troubles rénaux ou la présence d’un diabète n’aident en rien la situation.

Pour lire la suite du billet, consultez la partie suivante :  Les signes et les symptômes de l’hypertension gravidique durant la grossesse

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