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Partie 1

Ça y est, le grand jour est arrivé! J’ai 20 semaines de grossesse et je suis super excitée, car c’est aujourd’hui que j’aurai ma seconde échographie qui nous dira si c’est un charmant garçon ou une adorable petite fille qui se cache dans mon bedon. J’ai TOUT prévu pour que ce soit mé-mo-ra-ble!

Photo - Gâteau révélation du sexe de bébé - journal intime de ZoéJe fêterai mon anniversaire samedi prochain et nous découvrirons le sexe du bébé en découpant le gâteau. L’intérieur sera rose pour une fille ou bleu pour un garçon.  Il ne me reste que 2 petits jours et je ne sais pas comment je vais faire pour attendre tout ce temps. J’ai si hâte! Ce sera donc une grande surprise pour toute la famille, mais aussi pour moi et mon conjoint.

Mon plan est infaillible :

  • Ne pas oublier de préciser en rentrant dans la salle d’examen que le sexe du bébé doit rester secret
  • Demander au médecin d’écrire le sexe du bébé dans une enveloppe et de la sceller
  • En sortant de l’hôpital, donner la précieuse enveloppe à mon amie M qui enverra un message texte à mon amie S qui prépare le fameux gâteau

J’attends impatiemment mon tour dans la salle d’attente. J’ai des papillons dans le ventre.

Bip! « Zoé, salle 4! »

Maintenant, mes papillons font de la haute voltige! Je me dirige vers la salle d’examen en répétant  à mon conjoint qu’il ne faut surtout pas oublier de demander de garder le sexe secret. La dame semble très gentille. Je lui parle de mon plan, elle me trouve drôle, je m’allonge sur la chaise et l’examen commence…

« Vous voyez la petite bulle? C’est l’estomac. Ici, il y a le fémur. On mesure le crâne… Bon maintenant, si vous ne voulez pas connaître le sexe,  fermez vos yeux! »

Je me ferme les yeux. Je ne sais pas pourquoi, mais je me les ferme vraiment très fort comme pour m’aider à résister à la tentation d’ouvrir un œil, juste un…

La dame quitte la salle d’examen pour remettre les résultats au médecin.

Je demande à mon conjoint s’il a triché. Non! Moi non plus! Je me surprends moi‑même! La surprise en sera encore plus grande. J’ai tellement hâte!

La médecin arrive. Je lui mentionne qu’on veut garder le sexe du bébé secret. Son air est sérieux. Ça brise un peu l’ambiance d’euphorie. Elle poursuit l’examen.

« Votre bébé est en pleine santé, mais vous avez un placenta prævia. Hum… il est vraiment complet et il n’y a aucune chance qu’il remonte. C’est certain que ce sera une césarienne. Qui vous suit pour la grossesse? »

« Le groupe de médecins de famille de la Clinique J‑C. »

« Non, ça ne fonctionnera pas. Vous allez devoir être suivie en grossesse à risque. Pas de relations sexuelles pour les semaines à venir. Au moindre un saignement, il faut tout de suite vous présenter à la maternité. On planifie une autre échographie dans quelques semaines pour suivre le tout. »

Elle quitte.

Heu. Un quoi? Un placenta praevia? C’est quoi? C’est grave? Un peu naïvement, nous attendons qu’elle revienne nous donner plus de renseignements. Une technicienne entre dans la salle. Notre examen est fini. Nous devons sortir.

Mon conjoint et moi sommes sous le choc. C’est beaucoup d’incompréhension à la fois. Nous sortons de l’hôpital un peu (beaucoup!) abasourdis. Dans l’auto, je cherche sur Google ce qu’est un placenta prævia et ce que je trouve ne me rassure pas du tout : des risques d’hémorragie, de la souffrance fœtale, des naissances prématurées et … la mort.

Je vais mourir, c’est certain. Je ca-po-te! Je me trouve nounoune d’avoir googlé mon placenta prævia. J’appelle tout de suite ma médecin de famille. Misère! Elle n’est pas disponible. Je capote encore plus.

Quelques heures plus tard, ma médecin de famille me rappelle enfin. Je lui partage mes angoisses et elle me rassure du mieux qu’elle peut.

« Tout va bien aller. Plusieurs mamans se rendent presque à terme. Il faut seulement que tu restes vigilante. Si tu as un saignement, rends-toi à l’hôpital immédiatement pour qu’on puisse t’examiner. Il se peut aussi que tu sois alitée, mais le pire qu’il  peut arriver, c’est qu’on te fasse une césarienne d’urgence.  La médecine a évolué. On est en 2016.  Avant, les femmes mourraient d’une hémorragie, mais plus maintenant. Tout va bien aller. »

Tout va bien aller. Tout va bien aller. Tout va bien aller. Si je me le dis encore et encore, ça va bien aller hein?

PS : c’est un garçon!

(la suite dans un prochain article)

Zoé
Les opinions émises dans ce billet n’engagent que l’auteure.

Photo - Photo de maman collaboratrice journal intime de Zoé

Ce billet est également disponible en: English

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