Vous savez, devenir parent est une transition très importante dans une vie. Même si l’on souhaitait ardemment accueillir un bébé dans sa vie, on se retrouve très rapidement devant l’inconnu, dans le vide face à des questions, des préoccupations qui nous laissent parfois sans réponse. On perd le contrôle sur plusieurs choses comme entre autre, durant la grossesse pour la femme avec les changements physiologiques, corporels et hormonaux. On apprend à chaque jour à fonctionner avec divers symptômes durant toute la gestation et ensuite avec nos enfants. Cela demande continuellement une adaptation, un remaniement de notre quotidien au fur et à mesure de chaque étape de vie.

Selon la littérature actuelle, il y a beaucoup d’anxiété qui est vécue à la période périnatale, soit deux fois plus qu’habituellement et davantage chez les femmes. On parle de 1 personne sur 4 qui sera aux prises avec des symptômes reliés à l’anxiété à cette période spécifique et bouleversante de la vie. On dit même que c’est souvent à partir de cette étape de vie que les symptômes d’anxiété ont trouvé leurs origines. Les symptômes sont encore plus fréquents et plus intenses, pour les personnes vivant déjà de l’anxiété avant le devenir parents.
Pour certaines personnes, devenir parent est plus difficile à prendre que pour d’autres. L’anxiété est une problématique très fréquente mais en même temps, peu connue.
Il y a plusieurs visages et plusieurs formes que l’anxiété peut prendre, autant chez les futures mères que chez les futurs pères. Je pense en ce sens que la sensibilisation que je fais aujourd’hui via ce billet éducatif, sur le thème de l’anxiété à la période périnatale, est primordiale pour aider les futurs parents comme vous, à mieux cerner ce phénomène encore tabou et méconnu, afin de mieux l’identifier et d’avoir le soutien approprié au besoin.

Dans ce billet :
Devenir parent, pas toujours évident
L’inquiétude et les niveaux d’anxiété
Les manifestations de l’anxiété : TAG, crises de panique et TOC
Les manifestations de l’anxiété : phobies et stress post-traumatique
Les répercussions possibles des troubles anxieux
Les impacts de l’anxiété périnatale
Facteurs prédisposant à vivre de l’anxiété périnatale
L’anxiété périnatale chez les hommes et les femmes
Ressources et soutien indispensables

Devenir parent, pas toujours évident!

Peut-être me direz-vous, que c’est normal de vivre de l’anxiété à la période entourant la venue d’un bébé, face à tout cet inconnu. Hé bien oui! Tout à fait. Mais, comment distinguer si l’anxiété que vous vivez est normale ou excessive? Là, c’est une autre réflexion à avoir.

Peu de travaux scientifiques actuels étudient le phénomène de l’anxiété à la période périnatale. Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’il y a encore moins d’information dans le vécu des hommes concernant le devenir père que pour les femmes vers la maternité. Gabriel Grenier-Mélançon, est un père et il est aussi en plein cheminement d’études doctorales en psychologie. Il s’intéresse à cette période spécifique comme chercheur au département de psychologie de l’Université de Sherbrooke. Karen Chabot est sexologue. Elle souhaite aider les gens lors de la période périnatale. Elle a donc décidé d’orienter sa carrière vers le doctorat en psychologie, plus particulièrement, sur la question de l’anxiété, autant chez les femmes que chez les hommes. Tous deux sont à même de m’aider à vous donner les renseignements les plus pertinents afin d’aider les personnes comme vous tous, qui peuvent vivre ce genre de problématiques.

Nous aborderons dans ce billet, la définition de l’anxiété,  chez les hommes et chez les femmes, les différentes formes de l’anxiété, les conséquences potentielles ainsi que les services d’aide disponibles pour vous.

Définition de l’anxiété

Il n’y a pas une définition spécifique de l’anxiété en contexte périnatal.
Le terme « anxiété » est souvent utilisé pour regrouper un ensemble de phénomènes comme la peur, le stress, les inquiétudes, les préoccupations, la panique, l’angoisse.
Lorsqu’un parent parle de son anxiété et de ce qu’il ressent, il rapporte souvent ces aspects de façon générale pour décrire le malaise qu’il vit.
Plusieurs mères et pères rapportent un stress ou une anxiété de diverses intensités dès le premier trimestre de grossesse ou suite à l’accouchement. Les déclencheurs d’anxiété dans cette période de vie peuvent être multiples. Cela peut être une situation spécifique, comme par exemple un parent inquiet en voyant l’état de santé de son enfant qui se détériore ou un parent qui s’inquiète à cause d’une diminution de ses revenus. Cela peut être aussi une situation appréhendée comme la peur d’une maladie pour soi ou son enfant, la peur de problèmes financiers futurs, la peur que le couple vive des difficultés, etc.Cela peut aussi être l’incertitude en elle-même, le fait de ne pas savoir ou de ne pas pouvoir tout contrôler.

D’autres personnes parlent en termes d’inquiétudes ou de peurs spécifiques : « je m’en fais beaucoup par rapport à ma santé », «j’ai peur de l’accouchement», «j’ai peur de mourir ».

D’autres vont rapporter une appréhension générale que quelque chose de négatif et d’incertain se produise comme par exemple, quebébé manque d’oxygène.

Enfin, d’autres abordent surtout leur anxiété en termes de malaises physiques et somatiques comme de la tension, de l’agitation, une sensation d’être toujours sur le qui-vive et des crises d’angoisse.

De façon globale ou générale, l’anxiété est vue comme un « état » caractérisé par de l’appréhension par rapport à une situation/conséquence négative comportant un danger réel ou anticipé. Cet état d’anxiété s’observe selon quatre dimensions principales :

Émotionnelle, c’est-à-dire, se sentir anxieux, agité intérieurement, irritable, avec de la colère comme émotion secondaire
Physiologique, comme la tension musculaire, les palpitations cardiaques, le souffle court, des douleurs à la poitrine
Cognitive, qui fait référence davantage à la pensée, comme les inquiétudes, les obsessions, la peur de mourir ou de perdre le contrôle
Comportementale, ou l’on veut éviter des endroits par peur de se sentir mal, surprotéger l’enfant, contrôler son environnement

Découvrez la suite du billet : L’inquiétude et les niveaux d’anxiété

Ce billet est également disponible en: English

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