Pour lire la partie précédente, voir Les raisons évoquées par les parents pour adhérer à l’alimentation autonome du nourrisson.

Les risques à l’alimentation autonome du nourrisson sont à prendre en compte lors de la décision du mode d’alimentation.

Fondés ou pas encore, à documenter dans l’avenir

  • Retard dans les courbes de croissance (poids et taille);
  • Risque d’étouffement:
  • Manque de sources de fer (peut provoquer l’anémie), zinc et de folates (B-12). Les céréales enrichies de fer ne se consomment pas avec les mains et elles sont moins données aux bébés dans ce type d’alimentation. Santé Canada recommande d’inclure à chaque repas des sources de fer;
  • Les fruits et légumes sont souvent les premiers aliments introduits dans la DME, ce qui augmente les risques d’anémie chez le bébé;
  • La qualité de la nourriture est moindre puisque les parents mangent plus d’aliments avec sel, sucre et gras;
  • Augmentation du gag reflex (réflexe nauséeux) et risque d’étouffement (modification du réflexe pharyngé durant la première année de vie des nourrissons) mais en respectant les précautions en tout temps cela diminue ce risque.

Les conclusions de l’étude BLISS nous laissent à l’idée que leur proposition pourrait être idéale puisqu’en combinant à la fois les morceaux et la purée à la cuillère, on pourrait éviter plusieurs inconvénients potentiels de la DME au sens simple de la pratique. Avec certains aliments qui ne sont pas solides comme les céréales de bébés enrichies de fer et le yogourt (a aussi du fer en supplément), on s’assure de combler certains besoins. On peut également laisser la cuillère au bébé pour qu’il manipule par lui‑même.

Photo - alimentation autonome du nourrisson (baby led weaning)

Bien entendu, il faut éviter les morceaux trop gros pour les risques d’étouffement du bébé. Même si les aliments sont présentés petits, bébé peut avoir le réflexe de haut le cœur (gag reflex). Ce n’est pas un étouffement mais c’est davantage en lien avec la maturité du système nerveux et à une réaction face à une mauvaise mastication d’un aliment qui se retrouve trop vite dans l’arrière‑gorge. Il faut rester alerte et offrir des aliments sécuritaires qui n’entravent pas sa mastication et sa déglutition. C’est pourquoi, on dit qu’il est préférable :

  • d’éviter les aliments durs (morceau de pomme même si souvent suggéré dans les forums sur le web, gommes, bonbons, crudités, fruits séchés, vitamines à croquer ), ronds ou collants (mie de pain, guimauves);
  • que les aliments durs soient blanchis avant de les présenter au bébé. Si on prend une carotte entière par exemple, elle doit être chauffée suffisament pour que le parents qui en prend une bouchée puisse se l’écraser dans son palais facilement;
  • de ne pas oublier les aliments riches en fer. Dans la viandes et volailles cuites à la mijoteuse en languette ou boulettes, le poisson poché ou en croquettes maison, du tofu en bâteonnets ou en tartinade, les légumineuses comme l’hummus, les oeufs en omelette ou cuits dures coupés et autres aliments enrichies avec des céréales de bébé avec fer comme des crêpes, gaufres et galettes. On donne souvent de l’avocat, des bananes, patates et brocoli, mais rien là-dedans n’apporte du fer au bébé, pourquoi ne pas rouler une banane dans les céréales de bébé par exemple, ainsi le bébé aura du fer et mangera par lui-même;
  • que l’aliment dépasse en bas et en haut de la main du bébé lorsqu’il l’agrippe, sous forme de languettes ou lanières;
  • que le bébé soit bien assis sur sa chaise;
  • que le bébé soit toujours sous surveillance et éviter les distractions;
  • de ne jamais mettre de la nourriture en morceau dans la bouche du bébé, il faut le laisser faire;
  • il faut y aller de façon progressive en respectant les habiletés du bébé qui se développent avec le temps. Vers 7-8 mois, il sera capable de prendre en pince à trois doigts l’aliment. Vers 9 mois, la pince à deux doigts c’est pourquoi, l’intégration des petits morceaux de la grosseur d’un dé comme un bleuet écrasé. Vers 12 mois, on observe que sa mastication est plus performante ce qui permet d’offrir des solides plus croquants comme des céréales sèches.
  • de varier les aliments fréquemment pour avoir tous les groupes alimentaires et des textures différentes;
  • d’être prêt pour faire la méthode de dégagement des voies respiratoires en cas d’étouffement.

Les inconvénients possibles à la pratique de la DME

Quand on pratique l’alimentation autonome de son bébé, il faut être patient et vigilant puisque les repas durent souvent 50 % plus long. Le bébé peut jouer avec la nourriture, écraser les aliments dans ses mains ou les jeter par terre et au final, on se demande s’il a bien mangé de tout et s’il a pris ou non suffisamment de nutriments pour son développement.

En conclusion, il est certain que d’autres recherches, expérimentations viendront sur la DME et je mettrai à jour ces écrits au fur et à mesure des développements scientifiques pour votre connaissance. La plupart des professionnels en santé montrent une ouverture d’esprit vis-à-vis l’alimentation autonome du nourrisson mais avec certaines réserves qui sont propres aux inconvénients que cette méthode peut avoir à moyen et long terme sur le bébé. Seul l’avenir nous donnera des données suplémentaires qui permettront de mieux connaître ce concept et l’étude BLISS en cours pourra certainement amener un élairage à notre savoir limité actuel.

J’espère que ce billet vous éclairera sur cette pratique.

Besoin de plus d’info? Je vous invite à visionner la vidéo sur L’alimentation autonome du nourrisson ou la DME tournée avec Catherine Cusson, ergothérapeute.

Marie
La spécialiste des bébés

Ce billet est également disponible en: English

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fill out this field
Fill out this field
Veuillez saisir une adresse courriel valide.

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Menu