Avez-vous lu la dernière partie sur le deuil périnatal dans le monde?

On sait qu’un homme et une femme expriment leurs émotions de façon très différente.

La grossesse se vit aussi différemment dans le couple. Le fait de porter le bébé, fait une différence dans le processus d’attachement d’une mère à son bébé contrairement au futur père qui vit souvent la grossesse davantage dans sa tête. Ce phénomène à la base fait en sorte que lorsqu’il y a perte de l’enfant, la femme aura tendance à réagir plus intensément, plus vivement que l’homme.

Chez la femme

Chez la femme, on observe davantage le sentiment d’échec, de honte, de culpabilité de ne pas avoir été capable de mener sa grossesse à terme ou de n’avoir pas été en mesure de mettre au monde un bébé en santé ou viable. La peur de décevoir est franche et très présente par rapport à son amoureux et à l’entourage qui attendait ce bébé.

La perte sera vécu comme viscéral, comme une partie d’elle-même et elle se demandera si oui ou non, elle finira par pouvoir avoir le bébé souhaité, surtout si c’était son premier enfant. Les femmes ont plus tendance à parler du bébé, elles expriment davantage leur tristesse. Elles ont besoin d’être écoutées, soutenues et sentir la sollicitude et la compassion des gens qui les entourent.

À court terme, on peut s’attendre à ce que la mère soit rapidement sous le choc et même, paralysée par les évènements récents. Elle ressent souvent de la peur et veut fuir, se sauver pour diminuer son haut niveau d’inconfort.

Imaginez, elle devra avec son conjoint, retourner à la maison où ils retrouveront la chambre du bébé vide. Elle sera confrontée à la dure réalité de remonter de son accouchement sans avoir pour autant, sa récompense, son cadeau tant attendu, son bébé. Elle aura les seins engorgés, elle aura peut-être des plaies à guérir, un système à rééquilibrer et plus encore. À plus long terme, on pourrait remarquer des signes d’anxiété et de dépression se développer.

Chez l’homme

Chez l’homme, la perte vécue prend souvent la forme de tristesse. Il peut se sentir seul dans sa peine puisque, comme on voit souvent, l’homme peut se retenir pour éviter d’amplifier la souffrance évidente de sa conjointe. Il voudra la réconforter le plus possible et retrouver rapidement sa vie de tous les jours. Il vivra plus ses émotions dans le privé ou certains préfèreront réprimer leurs émotions au lieu de les vivre. L’image de l’homme fort et protecteur lui fait faux bond et l’impuissance le gagne.

Plusieurs pères endeuillés trouveront refuge dans leur travail, dans le sport et parfois même, dans l’alcool ou les drogues.

Chez le couple

Pour le couple, qui vit la perte, on peut remarquer divers symptômes apparaître au fur et à mesure du temps. Tous deux, tentent de donner un sens à la perte de leur bébé. La culpabilité, l’anxiété du maintenant mais aussi, du devenir, de demain face à leur désir d’enfanter.

Sans conteste, perdre un bébé pour un couple est une épreuve marquante à traverser. Dépendamment du lien préexistant entre l’homme et la femme, leur deuil à vivre aura comme impact, soit de les rapprocher ou bien de les éloigner. Malheureusement, on remarque une augmentation des séparations et divorces dans pareilles circonstances. Vivre le deuil de façon personnelle à un rythme unique rend souvent difficile la compréhension et la communication dans le couple face à leur souffrance respective. Pas facile de se retrouver! La perte prend beaucoup de place!

Les parents passeront à leur rythme, les réactions émotionnelles qui constituent les cinq phases du deuil:

  • Le choc
  • La révolte
  • La désorganisation
  • Le désespoir
  • L’adaptation

Même au niveau de l’intimité sexuelle, le couple peut faire face à la difficulté de ressentir du désir et/ou du plaisir quand leur cœur est si triste. La pensée de redevenir enceinte peut-être aussi un enjeu plus profond, enfoui puisque cela les met en face de l’éventualité de perdre à nouveau un bébé. C’est pourquoi, la décision d’enfanter à nouveau dépend de chaque couple ou famille. Les parents doivent choisir, pour EUX, le bon moment pour se plonger à nouveau dans l’inconnu. Ils vivront probablement dès lors, un niveau de stress et d’anxiété plus élevé et auront, par le fait même, besoin davantage de soutien et de rassurance venant de leur entourage et du réseau de la santé.

Chez les enfants

Pour les autres enfants de la famille s’il y a lieu, cela dépend de l’âge des enfants et de leur niveau de compréhension de ce qu’est la mort. Souvent les autres enfants de la maisonnée sont plus inquiets de voir leur parent triste que la perte du bébé lui-même. Voyant leur mère et leur père vivre une grande souffrance et être moins disponibles pour eux, certains enfants se sentiront abandonnés et se sentiront anxieux de perdre leurs parents possiblement comme le fait d’avoir perdu son bébé frère ou sœur.

Chez l’entourage

Pour l’entourage, souvent les parents disent sentir une forte pression sociale de la part de leur entourage pour “ oublier au plus vite “ ce vécu et faire un autre bébé rapidement pour combler le vide laissé.

L’entourage est souvent très mal à l’aise de parler du bébé parti, mort, décédé et auront tendance à changer de sujet rapidement, à être moins à l’écoute et à étouffer rapidement l’expression de chagrin, de tristesse et de douleur psychologique qui les rend inconfortable.

Lisez la suite sur Comment aider les parents et la famille à faire leur deuil?

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