Lire la partie précédente sur l’infertilité.

Il y a un certain nombre d’éléments qu’un médecin doit prendre en considération lorsqu’il a à évaluer la difficulté à concevoir chez certains couples. Il faut voir dans l’investigation ces différentes dimensions afin de déterminer l’origine possible de leur infertilité. Je vous ai ressorti ici plusieurs facteurs qui peuvent influencer la fertilité comme : l’âge, la génétique, l’anatomie, l’aspect immunitaire, les hormones, le mode de vie, l’environnement que je vais reprendre un à un pour bien vous les expliquer.

L’âge

On sait que la réserve d’ovules chez la femme diminue avec le temps, donc avec l’âge. Puisque nos statistiques nous montrent que les femmes d’aujourd’hui ont souvent leurs enfants après 30 ans, on peut prétendre que cette nouvelle réalité puisse expliquer, du moins en partie, la problématique grandissante pour certains couples à procréer. Certaines littératures nous indiquent qu’une femme de 30 ans a 12 % de ses réserves d’ovules et à 40 ans, seulement 3 %.

L’âge agit non seulement sur le nombre d’ovules disponibles mais aussi sur leur viabilité.

Les facteurs génétiques

Dans le processus de la conception, l’oeuf fécondé peut démontrer des malformations chromosomiques, des déficits ou un ovule défectueux que la nature identifie. S’en suit un rejet du corps provoquant une fausse couche ou un avortement spontané si vous préférez.

On dit qu’il y a le tiers des embryons implantés qui seront éliminés avant la 10e semaine de grossesse. Delon les articles consultés, 50 à 60 % des fausses couches seraient attribuables à des erreurs chromosomiques, à un défaut génétique non héréditaire.

5 % des femmes pourraient vivre deux fausses couches dans leur vie et seulement 1 % pourraient en vivre trois. Mais peu importe le nombre d’avortements spontanés, cela crée de l’inquiétude et des tourments, car le plus souvent, la cause reste inexpliquée.

Les facteurs anatomiques

Photo : Infertilité : Système de reproduction fémininPlus tôt, j’ai émis l’importance que les structures anatomiques des femmes et des hommes, soient en bon état pour favoriser la reproduction. Il faut des organes qui fonctionnent bien, qui encouragent d’une part chez la femme, la libération de l’ovule et chez l’homme, la présence d’un bon nombre de spermatozoïdes à la base de toute la conception.

Pour la femme, l’ovule libéré en bonne santé est un bon départ mais faut il aussi avoir des trompes de Fallope et un utérus qui favorisent les étapes subséquentes aussi essentielles. Vous comprenez que des malformations d’une structure comme l’utérus, la trompe de Fallope, de l’ovaire lui-même peuvent interférer dans la conception.

Il faut un follicule sur l’ovaire en bon état qui libérera l’ovule en bonne santé pour qu’ensuite la frange de la trompe de Fallope puisse l’attraper et l’attirer dans son canal pour accueillir le premier spermatozoïde qui sera en mesure de traverser sa pellicule très résistante pour réussir la fécondation. L’oeuf ainsi fécondé devra ensuite cheminer pendant environ 4 jours vers l’utérus pour bien s’implanter dans l’endomètre. L’endomètre étant la première couche interne de l’utérus très vascularisée qui permettra la formation du placenta et des structures nécessaires à la viabilité de l’embryon en développement.

Chez 2 à 4 % des femmes, l’oeuf fécondé s’implante malencontreusement dans la trompe, provoquant une grossesse extra-utérine appelée grossesse ectopique. Cet état ne peut malheureusement pas avoir une issue favorable à la continuité de la grossesse.

Même si l’embryon arrive à bon port et se nid tel qu’attendu dans l’utérus, on remarque que 1 embryon sur 6 ne se développera pas et que la fausse couche viendra naturellement chez les femmes de moins de 35 ans. Après 35 ans, c’est une grossesse sur 4 et après 40 ans c’est 1 sur 2 qui se terminera par un avortement spontané.

Pour l’homme, il est aussi essentiel que ses structures soient en bon état pour la production de spermatozoïdes en quantité et en qualité avec une bonne mobilité, pour l’acheminement de ceux-ci lors de l’éjaculation puis du parcours qu’ils auront à faire ensuite pour aller à la rencontre de l’ovule afin de favoriser la fécondation.

Les facteurs immunitaires

On ne comprend pas toujours pourquoi certains organismes réagissent fortement devant un agent quelconque en provoquant une réaction de défense importante. On appelle ce phénomène une réaction auto-immune, c’est-à-dire, que le corps lutte contre quelque chose à l’intérieur même de son propre organisme.

Avec certaines analyses, les spécialistes dans le domaine de la fertilité sont en mesure d’identifier des réponses immunitaires qui peuvent venir agir sur les cellules elles-mêmes et contrecarrer la bonne évolution du processus nécessaire à la reproduction.

En identifiant mieux ces réactions possibles, il y a certaines interventions qui peuvent être posées pour améliorer la situation et aider à la fertilité.

Les facteurs hormonaux

Sans conteste, si les hormones de la reproduction ne vont pas, la fertilité ne va pas non plus.

Les hormones sont indispensables pour initier les étapes de la fertilité et leur influence est majeure. Ces messagers chimiques viendront tour à tour, dans une séquence bien précise, jouer leur rôle sur le milieu, le moment pour mieux favoriser la fécondation. C’est pourquoi, leur présence et leur impact sont si importants.

Les facteurs liés au mode de vie

Le poids santé

Le poids est un élément qui peut aider la fertilité. Dans le cas d’un indice de masse corporel au-delà de 30 (obésité), il y a 3 fois plus de risques chez la femme de vivre de l’infertilité, puisque le gras génère de l’oestrogène qui peut jouer indirectement un rôle contraceptif, même si on le souhaite pas.

Paradoxalement, pour une femme avec un poids considéré dans la maigreur, soit en bas de 19 d’indice de masse corporelle, cela influence aussi la fertilité mais plus au niveau hormonal amenant, le plus souvent, des cycles menstruels irréguliers et même une absence de cycle qui n’aide en rien la reproduction.

L’obésité pour les hommes semble avoir aussi un impact sur leur fertilité puisqu’il a été démontré que cet état peut amener une altération de la sécrétion de testostérone. La testostérone étant essentielle à la reproduction, on peut dire que le surpoids de l’homme peut aussi influencer son pouvoir à concevoir.

Le tabac

Photo : Infertilité : Éviter le tabagismeUn des pire facteurs qui influencent la fertilité, autant du côté des femmes que des hommes. La composition des cigarettes avec la nicotine, le goudron et les autres composés chimiques joue un rôle négatif sur les possibilités à concevoir. C’est pourquoi, tout intervenant mettra de l’avant des recommandations pour l’arrêt tabagique de part et d’autre pour mettre toutes les chances au couple de réaliser leur rêve d’avoir un bébé.

Le tabac peut influencer l’organisme des femmes en diminuant le nombre de follicules ovariens nécessaires à l’ovulation. Il diminue aussi la qualité des ovules, ce qui prédispose à une augmentation des grossesses ectopiques et aussi à un nombre plus important de fausses couches. Le tabac augmenterait le risque d’infertilité de 60 %.

Le tabac agit aussi au niveau de l’organisme mâle. Sous l’influence du tabagisme, on compte un nombre réduit de spermatozoïdes. Les différents éléments chimiques dans la cigarette peuvent aussi avoir un impact sur la génétique, le bagage transmis à un futur bébé.

L’alcool

Pris abusivement, l’alcool agit également négativement sur la fertilité.

Pour les hommes, la prise de 5 verres/jour diminue leur pouvoir reproducteur en agissant sur la baisse du nombre de spermatozoïde produit, leur mobilité et aussi sur l’augmentation du cancer des testicules.

Le cannabis

Même pris de façon récréative, le cannabis peut aussi agir à long terme sur la fertilité puisqu’il s’élimine très lentement. Son impact est similaire à la prise d’alcool, mais s’il y a usage de drogues dures comme la cocaïne, ecstasy, héroïne, les réactions possibles sont encore pires. En plus d’agir sur la qualité des spermatozoïdes produits, leur impact peut aller jusqu’à la morphologie même, en créant des cellules anormales engendrées en vue de la reproduction.

La caféine

C’est aussi un facteur à considérer. Si une personne prend 5 consommations à base de caféine et plus par jour, on peut dire que cette habitude peut influencer négativement son pouvoir reproducteur.

L’alimentation

Peut aussi contribuer à la fertilité. La consommation trop importante de mauvais gras, de sucres et de calories n’aide en rien à concevoir un bébé. On dit que la stabilité de la glycémie sanguine aide la fertilité chez les femmes. Tandis que les déséquilibres alimentaires, incluant certaines carences, peuvent être à l’origine d’un débalancement hormonal qui influe négativement sur les processus de la reproduction.

Le surentraînement

Photo : Infertilité : Attention au surentraînementPeut agir sur l’ovulation ou changer le cycle menstruel puisque les hormones qui entrent en jeu dans la fécondation sont perturbées s’il y a trop d’activité physique. On le sait, les hormones sont fragiles alors, trop d’exercices c’est comme pas assez, c’est pas mieux!

Les facteurs liés à l’environnement

L’industrialisation de notre monde moderne amène son flot de changements. Les nombreux produits chimiques qui sont dans l’air, dans la nourriture, dans diverses fournitures de tous les jours exposent le corps humain à des agresseurs avec lesquels on apprend à composer.

Le contact répété avec certains produits forts et très toxiques, selon le métier exercé ou les loisirs pratiqués, peuvent agir sur la diminution de la fertilité en réduisant le nombre de spermatozoïdes et en perturbant les hormones liées au cycle menstruel.

Même un pantalon porté trop serré chez les hommes peut augmenter la chaleur locale au niveau des testicules et entraîner une diminution de la mobilité des spermatozoïdes.

Les facteurs liés à des événements ou des facteurs extérieurs

Le stress important et chronique ainsi que l’anxiété peuvent influencer sur le processus ovulatoire de la femme. Une forte émotion peut aussi altérer le cycle menstruel. C’est dire comment le psychologique peut aussi avoir un impact sur le physique et la reproduction.

En fonction des facteurs potentiellement nuisibles à la fertilité cités ci-haut, vous vous posez peut être la question « Mais que dois-je faire dans un premier temps pour m’aider à mettre toutes les chances de mon côté pour que les efforts à concevoir se concrétisent? »

Voici quelques conseils santé de base provenant des pro en fertilité à mettre de l’avant pour aider votre cause.

La suite : Conseils de pro pour aider la fertilité pour les femmes et les hommes.

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2 Commentaires. Leave new

  • bonjour Jenny,

    Je suis très heureuse pour vous! En fait, vous nous avez devancé puisque l’on parle d’endométriose lors des articles a venir qui font suite à ce premier de la série. Merci pour l’espoir et votre témoignage!

    Marie

  • Jenny Solera
    10/05/2017 8:32 am

    Oui à tous ces facteurs et il faut aussi mentionner ce qui est de plus en plus étudié et répandu – et ce qui dans mon cas a empêché une fécondation « naturelle »- le phénomène d’endométriose. J’ai été opérée et après un parcours insémination puis F.I.V. nous attendons maintenant un enfant. Il faut garder espoir !

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