Mise à jour 2018-03-30

On peut certainement dire que de nos jours, le tatouage est une mode très répandue, et ce, à tout âge. Au Québec, cet engouement s’est manifesté davantage à partir des années 1990. Aujourd’hui, près de 3 personnes sur 5 ont un tatou, même s’il n’est pas toujours visible. Les principales raisons invoquées pour se faire tatouer font souvent référence à un moment particulier de la vie, beau ou douloureux; le motif et l’endroit du tatouage sont par conséquent significatifs. Si jadis, il marquait surtout l’appartenance à un groupe, désormais, son sens est davantage axé sur l’originalité, la séduction, l’embellissement ou la provocation.

Définition d’un tatouage

Par définition, un tatouage consiste en un dessin symbolique, religieux, décoratif ou esthétique réalisé en introduisant de l’encre dans la peau à l’aide d’un dermographe, soit un appareil composé de fines aiguilles très pointues rattachées à un manche électrique. Quand le processus est enclenché, les aiguilles se déplacent rapidement de haut en bas, perforent la peau de façon très superficielle (de 1 à 4 mm), ce qui permet l’insertion d’agents colorants entre l’épiderme et le derme. La profondeur de l’insertion dépend de la qualité de la peau de l’individu et de la partie à tatouer. Chaque petite perforation est susceptible d’entraîner une infection, voire la transmission de maladies bactériennes ou virales (ex. : hépatites B et C et VIH). Le respect des règles d’hygiène, la qualité des produits naturels utilisés et la rigueur dans la technique d’exécution sont donc primordiaux quand vient le temps de choisir un tatoueur.

Sur le plan de la sensibilité, on peut résumer en disant que le ressenti va de la simple gêne à une douleur aigüe

La douleur lors d’un tatouage

Sur le plan de la sensibilité, on peut résumer en disant que le ressenti va de la simple gêne à une douleur aigüe, selon la sensibilité de chaque personne et l’endroit tatoué. Étonnamment, il y a peu de saignement lors de la séance de tatouage. Parfois, de fines gouttelettes de sang peuvent jaillir pendant ou après – un peu comme une égratignure le ferait – mais rien du tout dans la plupart des cas.

15367265_sIl est incontestablement préférable d’utiliser l’encre noire ou de couleur 100 % naturelle de par ses composants, car les pigments industriels, encore en usage chez certains tatoueurs, peuvent contenir plusieurs métaux nocifs pour la santé. Ces produits chimiques, tels l’aluminium, le baryum, le fer, le mercure, le plomb, le cuivre, l’arsenic, le cobalt, le nickel et le sélénium, qui sont peu à peu absorbés par l’organisme, peuvent être en cause dans certains problèmes de santé. On parle de cancers, de maladies et de problèmes de la peau, comme l’eczéma, l’urticaire et des allergies. Même les tatouages temporaires peuvent contenir ces composants!

Vaut donc mieux poser des questions avant de se faire tatouer et ainsi décider de façon éclairée, car plus souvent qu’autrement, le tatouage est permanent et seul le laser peut arriver à l’effacer. Cette technique, qui est un processus de longue haleine, se fait à l’aide d’équipements ultra-spécialisés et est pratiquée par des personnes très expérimentées, le tout à fort coût.

Pendant la grossesse et pour les mères allaitantes, qu’en est-il?

Compte tenu de mes recherches sur le sujet et de ma rencontre avec des tatoueurs d’expérience, il est clair qu’il est déconseillé de se faire tatouer durant la grossesse. Il reste encore bien des questions sans réponse dans le savoir actuel : dès lors, pourquoi prendre un risque inutile lorsqu’on est enceinte?

Voici les raisons qui nous amènent à vous recommander d’éviter une telle pratique au cours d’une grossesse :

  • La femme peut avoir davantage de vertiges et d’évanouissements reliés à la baisse de la pression artérielle;
  • Les hormones de grossesse changent la texture de la peau qui peut ainsi réagir différemment à certains produits et prédisposer aux allergies;
  • La peau de la femme enceinte est plus fragile et l’insertion des aiguilles peut provoquer des infections (porte d’entrée des différents microbes);
  • Le système immunitaire de la femme enceinte est plus faible dans certaines périodes de la grossesse, ce qui augmente le risque d’être contaminée et, conséquemment, d’affecter ensuite le bébé in utéro;
  • Se faire tatouer représente un stress inhabituel et une douleur qui peuvent entraîner des contractions et un travail prématuré;
  • Même si l’impact des agents colorants chimiques est encore méconnu, on peut néanmoins soupçonner leurs effets négatifs possibles chez la future mère – mais également chez son bébé – par absorption des métaux par l’organisme;
  • La prise de poids des femmes enceintes durant neuf mois prédispose à l’apparition de vergetures et à l’étirement naturel de la peau. Celles-ci peuvent  déformer ou modifier l’apparence du tatouage déjà en place. La progestérone, cette hormone de grossesse, aide à l’élasticité de la peau. Les tatous au nombril, sur les hanches, les fesses et les cuisses seront plus sollicités, étirés au fur et à mesure de l’évolution de la grossesse;

Les encres disponibles sur le marché

  • Aucune information ne permet de croire qu’il y a un risque à faire un tatouage avec des produits 100 % naturels sur la peau d’une femme enceinte ou qui allaite. Mais, il faut quand même prendre en compte le manque de données à ce sujet et, en ce sens, il serait préférable d’attendre d’avoir sevré le bébé avant de procéder à une telle démarche. Le risque d’infection est en effet toujours présent et le retour graduel à son poids normal est aussi à prendre en considération (peau plus distendue).
  • Il n’y a pas de contrôle fait sur les encres utilisées et vendues. Il n’y a pas non plus de normes à respecter puisque ces produits ne sont pas considérés comme un médicament. Donc, on ne sait jamais exactement ce qu’elles contiennent. Attention, pas de risque à prendre.
  • Il n’est pas non plus recommandé de faire enlever un tatouage durant la grossesse et la période de l’allaitement.

Conseils de pros :

  • Les femmes qui ont déjà des tatous sur le ventre avant la grossesse devraient hydrater davantage leur peau avec de la crème très hydratante ou antivergetures ou des huiles;
  • Il ne faut pas paniquer devant la déformation de votre tatouage, par exemple au nombril. Très souvent, il retrouvera sensiblement son look initial, mais parfois, avec une coloration un peu atténuée.

Péridurale et tatouage

Plusieurs femmes enceintes ayant un tatouage dans le bas du dos s’inquiètent ou se questionnent au sujet de la possibilité ou non d’avoir une péridurale lors du travail à l’accouchement. Compte tenu des aspects qui demeurent méconnus, certains anesthésistes seront réticents à procéder à la technique proprement dite si le tatou est de grande surface et s’il recouvre les sites habituels d’insertion (il y a plusieurs niveaux différents pour piquer). Toutefois, un tatouage n’empêche habituellement pas une péridurale.

L’anesthésiste fera en sorte d’éviter les zones avec pigments (peau saine sans encre) ou de modifier son angle d’approche (zones sécuritaires) puisqu’il y a un risque potentiel que le produit (minuscule particule de pigment) s’introduise par la perforation faite par le spécialiste et gagne ensuite le liquide rachidien dans la colonne, ce qui pourrait entraîner une infection grave et des maux de dos. L’anesthésiste Dr Mior me précisait que nous n’avons pas de données sur l’innocuité des encres utilisés en tatouage et on peut penser, en plus du risque d’infection, à une toxicité possible, aux réactions inflammatoires aussi potentielles. Aussi, dans de très rares cas, il peut arriver que l’anesthésiste préfère enlever un petit morceau de peau au site de ponction afin d’enlever l’encre avant de procéder à la technique de la péridurale.

Césarienne et tatouage

Pour effectuer une césarienne à une femme, on procédera à la chirurgie même si elle a un tatou au site de la coupure, par obligations afin d’éviter des complications possibles postopératoires (on regarde pour le moindre mal).

Piercing et grossesse

Les recommandations d’éviter les piercings durant la grossesse sont les mêmes que celles concernant les tatouages. Si vous avez déjà un piercing au nombril, sur le mamelon ou la vulve, il est préférable de l’enlever dès le deuxième trimestre de la grossesse pour éviter les réactions d’inconfort, de douleur, de rougeur, de démangeaison ou d’allergie plus probables en raison des changements au niveau de la peau des mamans au fur et à mesure de l’évolution de la grossesse.


Sur ce, j’espère que ce blogue vous a permis de trouver les réponses à vos questions concernant les
tatous et les piercings et je vous encourage fortement à choisir un tatoueur soucieux, expérimenté et utilisant des produits 100 % naturels si, un jour, vous avez le goût de vous faire tatouer de façon plus sécuritaire pour votre santé.

Au plaisir!

Marie
La spécialiste des bébés

Ce billet est également disponible en: English

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fill out this field
Fill out this field
Veuillez saisir une adresse courriel valide.

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Menu