Photo - Femme enceinte - Diabète gestationnel ou diabète de grossesse

Le diabète gestationnel ou diabète de grossesse

Conseils santé>Deuxième trimestre

Avoir un diagnostic de diabète gestationnel aussi appelé diabète de grossesse provoque souvent une peur bleue à bon nombre d’entre vous, autant chez les futures mères que chez les pères en devenir. Le diabète qui survient durant la grossesse est une complication qui arrive chez 3 à 9 % des femmes enceintes.

Ce billet pourra vous donner un éclairage vulgarisé de cette affection, mais il ne tiendra pas compte des femmes déjà diabétiques avant leur grossesse puisque les explications ne seraient pas tout à fait les mêmes.

Qu’est-ce que le diabète gestationnel?

Comme vous le savez déjà, une grossesse amène son lot de changements dans le corps de la femme qui porte maintenant un petit être en fabrication. Son organisme doit s’adapter à ce locataire exigeant afin de lui fournir tout ce qu’il lui faut pour assurer sa croissance et son bon développement.

L’Organisation mondiale de la Santé définit le diabète gestationnel comme un trouble de la tolérance au glucose conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.

De 3 à 9 % des femmes enceintes présenteront un diagnostic de diabète de grossesse et ce pourcentage tend à varier quelque peu si vous regardez les normes américaines, celles canadiennes ou celles de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC).

Le premier trimestre de la grossesse

Comme pour bien des systèmes, les hormones de grossesse (œstrogène et progestérone) auront un impact sur la régulation des sucres sanguins chez la femme enceinte. Elles perturbent l’équilibre avec la sécrétion d’insuline disponible. L’insuline est l’hormone sécrétée par le pancréas qui permet d’assurer un équilibre avec la glycémie (glucose, sucre dans le sang). Autrement dit, l’insuline est la substance qui neutralise le sucre sanguin. Ceci dit, on remarque qu’en début de grossesse en général, il y a une augmentation de la libération d’insuline en lien avec les changements hormonaux. Cela a comme impact de diminuer le sucre sanguin (glycémie) et c’est ce qui explique pourquoi une femme nouvellement enceinte peut ressentir plus souvent des signes d’hypoglycémie comme :

  • la fatigue;
  • des étourdissements;
  • la faim;
  • la soif;
  • de l’irritabilité.

Il faut également savoir que le sucre est le principal carburant pour le développement du fœtus in utero. Sucre qu’il reçoit de sa mère via le placenta.

Toutefois, l’insuline de la mère ne peut pas traverser le placenta vers son bébé. C’est lui qui devra, à partir de 10 semaines de grossesse, fabriquer sa propre insuline afin de faire face à l’arrivée du glucose provenant de sa mère.

Par ces explications, vous comprenez que si le taux de sucre sanguin (glycémie) augmente chez la femme enceinte, il augmente de la même façon pour son bébé. Cette hausse de la glycémie demandera un travail supplémentaire au bébé pour sécréter suffisamment d’insuline afin de garder un équilibre.

Le deuxième et troisième trimestre de grossesse

Lorsqu’arrive le deuxième trimestre de la grossesse, on remarque que les hormones de grossesse agissent davantage sur le pancréas en produisant une résistance devant la libération de l’insuline. En d’autres mots, les hormones viennent contrecarrer l’effet recherché de l’insuline à neutraliser le sucre sanguin. Il s’ensuit une élévation automatique de la glycémie dans l’organisme de la femme enceinte.

Tout cela se fait spontanément pour toutes les grossesses et a pour but d’offrir au fœtus une grande quantité de sucre pour assurer sa bonne croissance. Cependant, le système de la future mère s’ajustera en produisant jusqu’à trois fois plus d’insuline qu’à l’habitude, afin de compenser le blocage fait par les hormones de grossesse.

Dans la grande majorité des cas, le pancréas des femmes enceintes réussit à sécréter suffisamment d’insuline pour garder un certain équilibre entre la teneur nécessaire en glucose (sucre) et en insuline. Rares sont les pancréas qui ne pourront suivre la demande mais dans ces circonstances, s’ensuivra, un diagnostic de diabète gestationnel ou gravidique.

Les tests de dépistage du diabète gestationnel

Jus sucré pour test diabete de grossesse - Diabète gestationnel ou diabète de grossesse Le test de dépistage du diabète gestationnel se fait habituellement entre 24 et 28 semaines de grossesse. La majorité des femmes enceintes passeront le test de 50 g en buvant un jus très sucré à l’orange. Ce jus contient 50 g de glucose et augmente la teneur sanguine en sucre rapidement. Une heure plus tard, avec une prise de sang de contrôle, on validera comment le pancréas réagit et augmente la production d’insuline en fonction de cette hausse glycémique.

La femme enceinte n’a pas besoin d’être à jeun pour ce test de diabète de grossesse.

En raison du changement drastique de la glycémie sanguine de la femme enceinte, certaines peuvent éprouver des symptômes très désagréables après la prise du liquide sucré, comme : des nausées et parfois même des vomissements, du reflux, une augmentation de rythme cardiaque et même, une sensation de perdre connaissance.

Quand les résultats restent dans l’intervalle des valeurs considérées normales (entre 7,8 à 10,2 mmol/l et parfois cibles différentes selon certaines équipes médicales), on dira que la femme enceinte ne fait pas de diabète gestationnel et que son pancréas réussit à préserver assez bien l’équilibre entre les valeurs de glycémie et d’insuline.

Toutefois, si la glycémie demeure plus élevée qu’elle le devrait (au‑delà de 10,2 mmol/l ou cible différente selon certaines équipes médicales), il lui sera alors suggéré de faire le test d’hyperglycémie provoquée oral (HGPO) qui lui est le test diagnostique du diabète de grossesse.

Le test diagnostique du diabète de grossesse

Le test HGPO

Le test diagnostique du diabète de grossesse se nomme HGPO. C’est aussi un jus que la femme enceinte absorbe par la bouche, mais cette fois avec un dosage de 75 ou 100 g de glucose (selon la prescription médicale). Ensuite, deux prises de sang lui seront faites; soit 1 heure après l’ingestion du liquide, puis encore 2 heures après le premier prélèvement. Encore une fois pour vérifier si le pancréas de cette femme produit suffisamment d’insuline face à la hausse soudaine de la glycémie.

Pour le test HGPO, la femme enceinte doit habituellement être à jeun depuis la veille, tout en ayant conservé ses habitudes alimentaires et d’activités normalement sans restriction, et ce, au moins 3 jours avant la passation du test. À prendre en considération que la caféine tend à augmenter naturellement la glycémie.

Le test d’hyperglycémie provoqué de 3 heures est vraiment le test diagnostique avant de dire si une future mère fait un diabète de grossesse ou pas. S’il y a 2 mesures au‑delà des résultats attendus, il y aura diagnostic de diabète gestationnel. Exemples de mesures :

  • si la glycémie à jeun depuis 8 heures est supérieure à 7 mmol/litre
  • si la glycémie après 2 heures post 75 g de glucose est supérieure à 11,1 mmol/l
  • si une glycémie au hasard, sans égard aux repas, est supérieure à 11,1 mmol/l

Par contre, s’il n’y a qu’une mesure supérieure, on parlera davantage d’intolérance au glucose.

Le test de glycémie capillaire

Le test de glycémie capillaire est aussi possible. Quand on propose le contrôle de la glycémie capillaire à une femme enceinte, on doit lui enseigner comment se piquer le bout du doigt 4 fois par jour pendant 1 semaine. Soit le matin au réveil, puis 1 heure après chaque repas habituellement. La future mère consignera les valeurs recueillies dans un carnet à cet effet et l’intervenant regardera ensuite avec elle si les résultats obtenus de sa glycémie sont dans la norme. Donc qu’au lever à jeun, se situent bien entre 3,5 à 5,2 mmol/l. 1 heure post repas, elle ne devrait pas dépasser 7,1 à 7,7 mmol/l.

Cette façon de faire permet de porter un regard plus large échelonné sur une semaine pour mieux apprécier les fluctuations de la glycémie au quotidien.

Les classifications des diabètes gestationnels

Les classifications des diabètes gestationnels se divisent en deux catégories. Les deux classifications que je vous présente pour le diabète gestationnel ne correspondent en rien à celles des femmes diabétiques avant leur grossesse. Voici les explications pour la classe A‑1 et la classe A‑2 :

Classe A-1

Photo - Femme enceinte qui lave des légumes - Diabète gestationnel ou diabète de grossesse Le diabète gestationnel de classe A‑1, fait référence à une femme enceinte qui présenterait un ou plusieurs résultats hors des standards attendus lors du test d’hyperglycémie provoquée orale, mais qui garde une glycémie à jeun normale. Dans ces circonstances, un suivi sera fait auprès de votre médecin ou infirmière, d’un endocrinologue et d’une nutritionniste. Ils vous aideront à équilibrer vos repas afin de stabiliser la glycémie le reste de la journée.

Dans la plupart des cas, à ce niveau, une diète suffit et le régime sera ajusté avec l’évolution de la grossesse en suivant aussi l’augmentation croissante de la résistance à l’insuline de l’organisme de la femme enceinte.

Classe A-2

Le diabète gestationnel de classe A‑2, touche 20 % des femmes enceintes qui font du diabète de grossesse. Celles‑ci doivent prendre une médication pour maintenir leur glycémie. Dans cette classe, les modifications à l’alimentation ne suffisent pas à stabiliser la situation.

Le traitement et le suivi du diabète gestationnel

Le traitement et le suivi au diabète gestationnel se fait à plusieurs niveaux.

1. Niveau alimentaire :

Photo - Petit déjeuner pour la femme enceinte - Diabète gestationnel ou diabète de grossesse Le régime alimentaire est le plus important dans le traitement du diabète gestationnel. Une nutritionniste vous aidera à calculer les calories prises par jour et recommandées en fonction de votre âge, poids, antécédent, résultat de glycémie etc.

2. Niveau exercice :

Les exercices aident à diminuer la glycémie dans le sang de la femme enceinte, puisque les muscles utilisent du sucre lors d’activités, ce qui a comme répercussion de diminuer la demande d’insuline.

Rester active aide donc à mieux contrôler la glycémie durant la grossesse. Des exercices d’aérobie et musculaires devraient faire partie de votre quotidien.

3. Niveau contrôle par des glycémies capillaires :

Les prises de glycémie fréquentes 4 fois par jour permettent de suivre l’équilibre entre le sucre et l’insuline dans le sang de la femme enceinte. Souvent le matin à jeun puis 1 heure après les repas et parfois plus, selon la situation propre à chacune.

4. Niveau traitement avec médication :

Pour les femmes qui en auraient besoin, une médication orale ou par injections d’insuline pourrait être nécessaire pour garder le bon équilibre sanguin de la glycémie et prévenir les complications qui pourraient survenir autrement.

5. Niveau surveillance :

  • Un monitoring fœtal au moins 2 fois par semaine à partir de 32 semaines de grossesse.
  • Des échographies fréquentes possibles pour suivre le poids du bébé.
  • Une induction possible avant 40 semaines, en prévention de complications potentielles en fin de grossesse.
  • La césarienne est indiquée seulement si la condition de la mère ne permet pas l’accouchement vaginal.

Les facteurs protecteurs pour le dépistage du diabète gestationnel

  1. Avoir moins de 25 ans;
  2. Être d’origine caucasienne (ethnie blanche);
  3. Avoir un indice de masse corporelle inférieur à 27;
  4. Ne pas avoir d’histoire de diabète de grossesse dans la famille ni d’intolérance au glucose;
  5. Ne pas avoir d’histoire de diabète dans la famille au premier degré (père, mère, frère, sœur).

Les facteurs de risque de développer le diabète gestationnel

  1. Avoir fait un diabète gestationnel antérieurement;
  2. Avoir plus de 35 ans;
  3. Avoir une masse corporelle au‑delà de 30;
  4. Être connue pour avoir des ovaires polykystiques;
  5. Avoir accouché d’un très gros bébé (macrosomie à la naissance);
  6. Être traitée avec certaines médications;
  7. Faire partie de la population à plus haut risque : hispanique, asiatique et africaine.

Les complications possibles du diabète gestationnel

Les complications possibles du diabète gestationnel peuvent se faire ressentir autant chez le bébé que la mère.

Chez le bébé :

  1. Plus d’anomalies congénitales pour le bébé quand on parle d’un diabète préexistant (avant la grossesse) comme dans 7 à 10 % des malformations cardiaques, cardiomyopathie, troubles musculosquelettiques et neurologiques. Mais dans le cas d’un diabète gestationnel, il n’y a pas d’évidence de risques d’anomalies congénitales au bébé compte tenu que le diabète se manifeste le plus souvent en fin de grossesse et que le bébé est déjà bien avancé dans son développement in utero;
  2. Hypoglycémie fréquente à la période postnatale;
  3. Difficultés respiratoires à la naissance;
  4. Risque de 1/3 de récidive à une prochaine grossesse;
  5. Dans 15 à 30 % : bébé macrosomique, c’est‑à‑dire plus gros que la moyenne;
  6. Accouchement souvent plus traumatique lié la plupart du temps au poids du bébé;
  7. Prématurité;
  8. Plus de jaunisse;
  9. Décès in utero (complication très rare avec les soins de surveillance).

À surveiller plus tard dans sa vie :

  • Obésité;
  • Diabète.

Chez la mère :

  1. Avoir plus de liquide amniotique (polyhydramnios);
  2. Risque d’hypertension artérielle et de pré‑éclampsie;
  3. Risque à l’obésité plus tard;
  4. Chez 10 à 60 %, plus de risques de développer le diabète dans les 20 ans qui suivent.

Le suivi en postnatal

Photo - Test de glycémie chez la femme enceinte avec une infirmière - Diabète gestationnel ou diabète de grossesseLa nouvelle mère aura un suivi de glycémie pendant 6 à 12 semaines après l’accouchement ou après l’arrêt de l’allaitement. La femme sera invitée à repasser le test de 75 g de glucose (HGPO) afin de s’assurer que ses paramètres sanguins soient tous redevenus normaux.

En conclusion, le diabète de grossesse représente un domaine complexe. Ce billet avait pour objectif de fournir davantage d’informations sur ce sujet, sans pour autant entrer dans les détails de la biologie métabolique ou les aspects plus médicaux de cette condition. En cas de résultats incertains ou moins favorables aux tests de glycémie, un suivi sera mis en place avec des professionnels compétents, offrant soutien et encouragements tout au long de la grossesse et au-delà.

Comme toujours, il s’agit de faire de son mieux face à la situation et de maximiser les chances pour que tout se déroule au mieux pour chacun.

Marie Fortier
La spécialiste des bébés

Mise à jour du billet en janvier 2021.

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