Pour consulter le début du billet, rendez-vous à Déchirure ou épisiotomie?

Lors de la mise au monde d’un bébé, la déchirure de certains tissus est fréquente. Ces déchirures obstétricales se remarquent surtout au périnée (espace entre l’ouverture vaginale et anale) et au niveau vaginal. Plus rarement à la vulve et au col de l’utérus. La lésion fait référence à la tolérance tissulaire d’une personne et à sa capacité de résistance face à l’étirement nécessaire lors de l’expulsion d’un bébé.

Même si cela peut vous faire sursauter à la lecture de cet écrit, j’aime à préciser qu’avec les recherches actuelles, l’évidence montre qu’une déchirure de tissus respecte davantage l’anatomie personnelle et semble amener moins de douleur et moins de saignements à la femme en postnatal, contrairement à une coupure technique (épisiotomie) qui ne tient aucunement compte des fibres naturelles de la femme.

Si on se concentre sur les déchirures périnéales, 28 % des femmes n’auront aucune lésion ou à peine une égratignure au niveau du périnée après l’accouchement. Pour les autres, on a classifié les déchirures en grade ou en degré du niveau 1 à 4.

Déchirure de degré 1 :

La déchirure du 1er degré touche environ 32 % des traumatismes au périnée et correspond à une lésion simple, isolée qui touche seulement la première couche de tissus soit la peau, le niveau cutané.

Déchirure de degré 2 :

La déchirure du 2e degré sera un peu plus profonde et touchera, en plus de la peau, le noyau fibreux du plancher pelvien, portion plus musculaire. Ce niveau touche aussi environ 32 % des femmes qui ont une déchirure à l’accouchement.

Déchirure de degré 3 :

La déchirure du 3e degré est de plus grande importance. C’est environ 5,75 % des femmes qui auront une atteinte à la fois de la peau, du noyau fibreux du plancher pelvien et du sphincter externe de l’anus. Dans ce cas-ci, la déchirure s’est prolongée jusqu’à l’ouverture anale.

Déchirure de degré 4 :

La déchirure du quatrième degré, bien qu’elle touche beaucoup moins de personnes, soit 1,92 % environ, a beaucoup plus de conséquences potentielles pour la femme dans sa récupération postnatale.

Les facteurs de risque pour une déchirure :

  • Photo - bébé heureux épisiotomie ou déchirureune femme qui accouche pour la première fois (primipare, tissus jamais étirés comme cela);
  • un gros bébé (macrosomique);
  • un long travail avec un enflure au périnée (limite l’étirement);
  • l’utilisation d’instruments lors de la sortie du bébé (ventouse, forceps);
  • une mauvaise présentation du bébé (postérieure, du visage, etc.);
  • de longues poussées (enflure du périnée);
  • un accouchement trop rapide (le tissu n’a pas le temps de s’étirer).

Les complications possibles à la déchirure :

  • saignements;
  • désunion (points de sutures qui lâchent);
  • infection;
  • douleur lors de la miction et/ou inconfort dans certaines positions.

Plus tard, selon le degré de déchirure, on peut remarquer :

  • douleur sexuelle dans les 6 mois qui suivent l’accouchement;
  • avec des déchirures de degré 3 ou 4, il est possible d’avoir des difficultés au niveau de la continence des selles (capacité de retenir ou de laisser aller les selles).

Comment prévenir la déchirure?

Bien qu’il n’y ait pas de recette miracle pour éviter toute déchirure, il n’en demeure pas moins qu’une femme enceinte peut, dans une certaine mesure, influencer son devenir en postnatal en mettant toutes les chances de son côté en prénatal. Voici quelques idées :

  • Un suivi en physiothérapie spécifique peut vous aider à mieux préparer votre plancher pelvien durant la grossesse et aider la poussée lors de l’accouchement avec plus de contrôle.
  • Les étirements du périnée pratiqués par la femme elle-même ou son amoureux peuvent contribuer à aider la situation lors de l’accouchement si pratiqués tous les jours à partir de 34 semaines et si la femme ne présente aucun travail prématuré.

    Lors de votre suivi de grossesse, votre intervenant peut vous indiquer comment le faire. Même si l’effet positif et significatif de cet étirement est encore mitigé dans plusieurs études, il n’en demeure pas moins qu’il semble y avoir un bénéfice potentiel à le faire comparativement à ne pas le faire. Certains écrits précisent une diminution de 50 % des lésions pour les personnes qui ont bien pratiqué l’étirement comparativement à d’autres qui n’ont rien fait. Alors, pourquoi ne pas le pratiquer en couple? Même si vous aviez finalement une petite déchirure, elle guérira plus rapidement avec des tissus bien vascularisés et en forme. Ainsi, vous ne perdez rien au final.
  • L’étirement à l’aide d’un EPI-NO (ballon à gonfler progressivement pour distendre tranquillement la sortie vaginale) est aussi possible. Par contre, vous devez d’abord consulter une personne d’expérience dans ce domaine qui vous conseillera dans l’utilisation, selon votre condition personnelle.
  • Pratiquer la poussée en position latérale peut aussi aider à diminuer la tension au périnée.
  • Appliquer des compresses humides et chaudes sur le périnée peut aider l’élasticité.
  • Une respiration lente et régulière avec une poussée graduelle et sans donner de grands coups est aussi une façon de sortir le bébé en limitant l’étirement drastique des tissus du périnée.

Pour en apprendre davantage sur les composants de l’épisiotomie, consultez le billet à ce sujet : L’épisiotomie

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