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Lisez la partie 3 du récit de Zoé : Mon hospitalisation

Partie 4

Il est 5 h 15 du matin. En ce moment, j’ai les yeux rivés vers le moniteur. Je vois très bien que les contractions se rapprochent, même si je ne les sens pas vraiment. En fait, j’ai encore mal au ventre et dans le bas du dos et mes saignements légers se poursuivent.

Une gentille infirmière m’apporte une couverture chaude et une bouillotte pour soulager mon dos. Je tente de me reposer étant donné que la nuit a été courte, mais j’ai comme un mauvais pressentiment. Je sens que ce ne sera pas une journée ordinaire. Il y a une espèce d’agitation dans l’air, même si tout le monde est calme autour moi.

La médecin de famille en garde ce jour-là vient me voir.

« Est-ce que vous habitez loin? Ton conjoint pourrait être ici dans combien de temps? »

« On habite à environ 20 min d’ici. »

« Appelez votre conjoint pour qu’il se prépare. Il est possible qu’on vous accouche ce matin. On discute présentement avec les différentes équipes et on est en train de voir ce qui serait le mieux pour vous et le bébé. On surveille de près les contractions qui se rapprochent et on veut éviter que le travail commence pour vrai. »

Elle quitte. Ses mots résonnent en moi. Mais je ne sais pas trop quoi penser. Au début de mon hospitalisation, je devenais morte d’inquiétude au moindre saignement. Mais comme on dit : « à trop crier au loup, on finit par ne plus y croire. » Et là, on dirait que je n’y crois pas.

Photo - Pieds de bébé prématuré - journal intime de Zoé, maman collaboratriceJ’avoue que j’ai terriblement peur du scénario de la césarienne d’urgence P1. On m’a dit que lorsque ça arrive, les pagettes de toutes les équipes sonnent en même temps et que tout le monde court vers la salle d’opération. C’est carrément un sprint pour sortir le bébé le plus vite possible. Bien souvent, le papa n’a même pas le temps de se rendre à l’hôpital que le bébé est déjà sorti (10 min après le call faut le faire!). Il n’y a pas non plus d’épidurale comme une césarienne planifiée. Vu que le temps presse, la maman est endormie.

Je sens tranquillement le stress monter en moi et je tente de prendre un ton neutre avant d’appeler mon chum.

« Allô chéri, désolé de te réveiller, j’ai des saignements depuis quelques heures. Je vais peut-être accoucher ce matin. Tu devrais te préparer au cas où… »

« Ah oui? T’es sûre que ce n’est pas une fausse alerte?  Tu saignes tout le temps… »

« Je ne sais pas trop, mais la médecin m’a dit de t’appeler pour être sûr. Je vais te rappeler si tu dois venir. Alors tiens-toi prêt, si jamais… »

« Euhhh ok. Tiens-moi au courant. Je t’aime. »

« Je t’aime. »

***

Il est maintenant 6h30. Je suis en train de regarder Grey’s Anatomy. Je n’ai pas vu la médecin s’approcher de moi. Elle s’assoit sur le lit près de moi.

« Bonjour Zoé, enlève tes écouteurs, j’ai quelque chose d’important à te dire. Appelle ton conjoint tout de suite, on t’accouche dans 30 min. Dès qu’il arrive, on part vers la salle d’opération. Toutes les équipes se préparent. »

BOUM! Le choc! J’éclate en sanglots. En fait, je suis inconsolable. Je sais que c’est irrationnel, mais je vis un véritable échec et je panique. Dans ma tête, je dois absolument dépasser le cap des 32 semaines. C’est TOUT ce que je demande…ce n’est pas tant que ça, non?’ Qu’est-ce que je n’ai pas fait correctement pour en arriver là? Je supplie la médecin de changer les plans. Je suis en déni total.

« Non, non NON! Je ne peux pas accoucher ce matin. Je suis rendue à 30 semaines et 4 jours. Mon bébé n’est pas encore prêt. Il est trop petit, il est trop petit. Attendez encore peu. C’est une fausse alerte j’en suis sûre… »

La médecin me répond avec toute la compassion du monde dans les yeux que je n’ai pas le choix. Les équipes (médecins de famille, gynécologues, médecins de néonatalogie) pensent que c’est la meilleure décision pour moi et le bébé. Mes contractions sont maintenant assez rapprochées pour penser que le début de mon travail est imminent.  Elle me rassure doucement.

« Tout ira bien. Le bébé est fort. Son cœur bat bien. C’est certain que ce n’est pas la situation idéale, mais tu as déjà dépassé le cap des 30 semaines. C’est déjà une grosse étape de franchie. En plus, tu as reçu les injections pour accélérer le développement des poumons. Tu vas voir, ça va bien aller. »

Elle semble optimiste. J’ai envie de la croire. J’appelle mon chum.

« Allô chéri. Viens t’en tout de suite, j’accouche dans 30 min. Tu auras tout juste le temps de te préparer pour venir dans la salle d’opération avec moi. »

« T’es sérieuse? »

« Oui. C’est ce matin que ça se passe. »

« … Ok je m’en viens. »

« Sois prudent. Ce n’est pas le temps qu’il t’arrive quelque chose. »

J’attends mon chum pendant que les infirmières me préparent pour la césarienne. Je reçois du sulfate de magnésium pour protéger le cerveau du bébé. J’ai tellement chaud. On dirait que je brûle par en dedans. J’ai mal au cœur.

Mon chum arrive. Tout va vite. On se dirige vers la salle d’opération.

(la suite dans un prochain article)

Zoé
Les opinions émises dans ce billet n’engagent que l’auteure.

Photo - Photo de maman collaboratrice journal intime de Zoé

Source de la photo : Unsplash

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