Avez-vous lu la première partie sur l’anxiété pendant la période périnatale?

L’inquiétude, très fréquente dans la période périnatale, peut-être définie pour sa part comme un enchaînement de pensées difficiles à contrôler et accompagnées d’émotions négatives. On parle d’enchaînement de pensées parce qu’une inquiétude se présente rarement seule. Elle engendre habituellement d’autres inquiétudes qui varient beaucoup dépendamment des situations. Comme par exemple, avoir peur de ne pas manger toutes les bonnes choses durant la grossesse pour que le bébé ne manque de rien.

Comme la période périnatale implique une multitude de changements, des nouveaux rôles, divers apprentissages à faire et défis à relever, il y a nécessairement une période d’adaptation pour la plupart des parents durant laquelle plusieurs éléments stressants peuvent survenir. En ce sens, il est vrai que des mères et pères développent pour la première fois de l’anxiété excessive ou un trouble anxieux à la période périnatale. Il est encore plus fréquent de constater que l’anxiété était déjà présente avant cette période et que les symptômes anxieux augmentent durant la périnatalité.

Le fait qu’un futur ou nouveau parent puisse faire la distinction entre ses inquiétudes, du stress et des symptômes physiologiques de l’anxiété, est très utile pour lui puisqu’il pourra ensuite mieux identifier ce qu’il vit, mieux comprendre ses réactions et ainsi, devenir plus apte à travailler la situation. On peut par exemple offrir des stratégies pour l’inquiétude, d’autres pour la gestion de l’émotion de l’anxiété, d’autres encore pour travailler les réactions comportementales comme l’évitement et la réassurance qui vient perturber le fonctionnement de la personne. D’autres techniques peuvent aussi être proposées pour travailler les facteurs de vulnérabilité propres à la personne.

Les niveaux d’anxiété

Comment savoir que mon anxiété est excessive ou pas ?

Hé bien, c’est une bonne question! Puisqu’il n’y a pas de critère bien déterminé à l’avance qui dit en terme de quantité d’anxiété, ce qui est dit normal ou excessif ou de type d’anxiété moins pire ou pire que d’autres. Tout est dans le comment l’anxiété est vécue par la personne et dans son intensité. C’est une notion très subjective qui appartient à l’individu lui-même. Chaque personne est unique, chaque apprentissage de vie acquise avec le temps et l’âge façonne la façon de réagir et de composer avec les situations nouvelles, les difficultés, les imprévus et les problèmes à régler.

Une femme peut être bien mal à l’aise devant le fait de ne pas savoir comment se passera son accouchement puis un papa de ne pas comprendre les pleurs de son bébé.

Un premier critère pour départager ce qui est plus « excessif » comme anxiété, est la perturbation que l’anxiété entraîne sur le fonctionnement de la personne.

On peut dire qu’un papa peut s’inquiéter à priori de ses compétences et qu’il ait peur de mal faire les choses auprès de son bébé, mais si l’anxiété le mène à délaisser son enfant ou à laisser de plus en plus son amoureuse assumer les responsabilités de leur bébé par crainte de se tromper, alors cela  perturbe le bon fonctionnement du père auprès de sa progéniture.

Dans le même sens, on peut s’attendre à ce qu’une mère éprouve une montée d’inquiétude lorsqu’elle quitte la première fois son bébé pour une sortie avec des amies ou son conjoint et qu’elle appelle la gardienne pour se rassurer. Mais si sa sortie lui cause des malaises physiques découlant de l’anxiété et qu’elle doit revenir à la maison pour se calmer et veiller sur son enfant, là, c’est plus que de l’inquiétude.

Selon certains travaux de recherche, on peut constater que plus de 60% des parents rapportent s’inquiéter plus après l’arrivée de leur enfant et environ 25% disent que leurs inquiétudes nuisent à leur fonctionnement. On peut dire qu’un parent sur 4 éprouve un niveau d’anxiété plus élevé à cette période, ce qui est plutôt élevé.

La notion de perturbation ou d’interférence sur la qualité de vie est essentielle à considérer. Les proches comme les amis, les parents, le ou la conjoint(e) peuvent aider à réfléchir sur la place qu’occupe l’anxiété sur le plan personnel, mais aussi sur la dynamique relationnelle, le couple et la famille.

Un deuxième critère est la détresse que peut ressentir le parent à cause de son anxiété. Des signes de détresse peuvent être la tristesse, la dépression, des idées noires, un sentiment de vulnérabilité, l’isolement ou l’impression de manquer de soutien.

Si l’un ou l’autre de ces éléments est présent, soit la perturbation du fonctionnement ou bien la détresse, il est possible que le parent présente de l’anxiété plus excessive, qu’il pourrait alors catégoriser de « moins normale ». Toutefois, il ne faut pas que la personne anxieuse se questionne constamment à savoir si son anxiété est normale ou pas si elle est justifiée ou non. C’est bien plus la détresse ressentie, qui amène la personne anxieuse à prendre conscience de son problème et la pertinence de consulter par la suite.

Lisez la suite du billet sur Les manifestations de l’anxiété périnatale : TAG, crises de panique, TOC

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