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Avez-vous lu la partie précédente du billet sur L’inquiétude?

Lorsqu’un parent reconnaît que son anxiété altère son fonctionnement au quotidien, on peut reconnaître un ou plusieurs troubles anxieux possibles qui ont chacun leurs particularités. Je parle ici des troubles anxieux généralisés (TAG) comme les troubles de panique, les obsessions et compulsions, les phobies, le trouble de stress post-traumatique découlant de l’accouchement.

Les troubles anxieux ont une caractéristique commune : « la présence d’une peur ou d’une préoccupation excessive par rapport à une situation ou quelque chose de plus ou moins spécifique » . Ça peut être quelque chose dans le présent ou dans le futur. Ce qui distingue les troubles anxieux entre eux est « l’objet » de la peur, ce que la personne appréhende, et l’ensemble des manifestations anxieuses ou symptômes qui l’accompagnent. Je vous présente les différents troubles anxieux avec les caractéristiques respectives les plus connues s’y rapportant:

Le trouble d’anxiété généralisée (aussi appelé TAG)

Manifestations principales :

  • Présence d’anxiété et d’inquiétudes excessives par rapport à plusieurs sphères de vie ou d’activités
  • Les inquiétudes sont présentes la plupart du temps depuis plusieurs mois et sont incontrôlables
  • Les inquiétudes s’accompagnent de symptômes somatiques comme des difficultés de concentration, trous de mémoire, fatigue, difficulté de sommeil, agitation.

Anxiété généralisée

En d’autres mots : Si une mère ou un père a l’impression de s’inquiéter plus de 50% de son temps, par rapport à plusieurs choses, il est possible qu’elle présente un Trouble d’anxiété généralisée (TAG). Ça peut être des inquiétudes par rapport à des choses mineures de la vie quotidienne ou des sujets plus importants comme les finances, la santé des enfants, sa condition physique ou psychologique, le futur. Un rien peut l’amener à s’inquiéter. Chaque parent a des éléments qui le préoccupent davantage.

Les travaux de différents chercheurs montrent que le TAG est le trouble anxieux le plus répandu en périnatalité ; il touche près de 9% des mères. Les taux sont un peu plus bas pour les pères, mais se ressemblent dans certaines études. C’est donc presque 1 personne sur 10 qui risque de présenter cette problématique. Comme le principal symptôme du TAG est l’inquiétude et qu’elle est moins apparente de l’extérieur, c’est le trouble anxieux le plus difficile à identifier. Des chercheurs ont évalué des mères à plusieurs reprises durant la grossesse et après l’accouchement et ils ont démontré que le TAG avait tendance à être stable ou chronique et que peu de mères voient leurs symptômes s’estomper d’eux-mêmes spontanément. De récents travaux de recherches chez les pères montrent que la période postnatale allant de 2 et 12 mois, est la période où ils sont plus à risque de développer des inquiétudes excessives. Enfin, le TAG en périnatalité est vu comme un des troubles pouvant augmenter les risques d’apparition d’une dépression post-natale.

Le trouble panique avec ou sans agoraphobie

Manifestations principales :

  • La présence d’attaques de panique récurrentes, dont certaines se produisent de manière inattendue
  • La peur excessive de refaire une attaque de panique.

Les attaques de panique constituent des montées très intenses et rapides d’anxiété qui s’accompagnent de symptômes comme une augmentation des palpitations cardiaques, des difficultés à respirer, de la transpiration, des bouffées de chaleur et des tremblements. Ces symptômes s’accompagnent souvent de peur de devenir fou, de s’évanouir, de mourir ou de faire une crise cardiaque. Les attaques de panique peuvent être associées à des comportements d’évitement importants, comme l’évitement de certains endroits dans lesquels la personne craint de se sentir mal et de vivre une attaque de panique. On parlera alors de trouble panique avec agoraphobie, la peur de se retrouver en dehors de son domicile ou dans un lieu public.

Exemple : Une mère qui donne le bain à son enfant et qui vit tout à coup une attaque de panique, peut en arriver à éviter de donner les bains. Plusieurs nouveaux parents rapportent des attaques de paniques en automobile, dans des endroits commerciaux ou à des lieux plus spécifiques de la maison.

Quelques caractéristiques particulières : Le trouble panique est un des troubles qui peut avoir un impact important sur la qualité de vie des nouveaux parents étant donné l’évitement des situations qui tend à augmenter. Les symptômes sont inconfortables donc la personne tend à essayer de les éviter. L’aspect intense, soudain et inattendu des attaques de panique fait qu’elles sont souvent associées à des questionnements majeurs sur la santé mentale. Habituellement, le parent ne comprend pas ce qui se passe et se demande vraiment s’il n’est pas en train de devenir fou. Puisque les symptômes ressentis sont de nature très physiques, cela amène aussi le papa et la maman à se questionner sur la présence possible de problème cardiaque ou d’autres maladies physiques. Ils peuvent même douter de leur capacité à prendre soin de l’enfant, ce qui leur occasionne encore plus de détresse puisqu’ils ne veulent pas rester seuls. Dans le temps, il semble que les attaques de panique tendent à diminuer durant la grossesse et à augmenter autour du sixième mois postnatal.

Les obsessions et les compulsions (le trouble obsessionnel compulsif ou trouble obsessif compulsif ou TOC)

Manifestations principales : Les obsessions, se caractérisent principalement par la présence d’obsessions qui sont des pensées récurrentes, dérangeantes, se présentant davantage sous forme d’images. Les principales obsessions en périnatalité concernent :

  • Des pensées de contamination,
  • Des pensées de faire mal à son enfant contre son gré,
  • Des visions d’accidents,
  • Des pensées sexuelles inacceptables.

Ces pensées se présentent surtout sous la forme d’images mentales.
La deuxième caractéristique est la présence de compulsions automatiques, soit la répétition de comportements en réponse à l’obsession ou en réponse à des règles personnelles rigides.
Ces compulsions visent à réduire la détresse et le malaise causés par les obsessions, ou à empêcher un danger de se produire comme par exemple, d’aller vérifier si la porte est vraiment barrée plusieurs fois pour éviter l’entrée d’un inconnu afin de protéger le bébé dans sa chambre. Il peut aussi s’agir de compulsions mentales, comme de se répéter une phrase ou un chiffre constamment.

La mère ou le père ne peuvent s’empêcher de faire les compulsions étant donné le malaise et la détresse ressentis. Cela peut se traduire par de l’évitement, exercé un contrôle extrême et la vérification excessive, entre autres. Même si ce trouble est plus répandu qu’on le pense, le fait que le parent ait peur d’être jugé l’amène à ne pas en parler et à cacher les comportements typiques du trouble obsessif-compulsif le plus possible ( 2% à la période périnatale).

 

À noter qu’à ce niveau, il n’y a pas de perte de contact avec la réalité, comme, entendre des voix, voir des choses non réelles (pensées psychotiques ou psychose). Le trouble obsessif-compulsif est toujours associés à une détresse.

Lisez la suite du billet : Les manifestations de l’anxiété : phobies et stress post-traumatique

Ce billet est également disponible en: English

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