Bonjour les parents!

Je vous reviens avec un billet sur un sujet qui préoccupe souvent les parents qui vivent l’expérience. Une maman m’écrivait récemment sur mon site pour me parler des convulsions fébriles de son bébé de 11 mois et de combien elle s’était sentie impuissante devant cette crise si impressionnante, dans un si petit corps.

Il est vrai que c’est assez spectaculaire de voir un jeune enfant en convulsion et surtout quand c’est le nôtre. La plupart des gens pensent que leur bébé est en transe ou fait une crise d’épilepsie même s’il n’en est rien. Le simple fait d’avoir été témoin de cet épisode, jette souvent les parents dans une anticipation stressante face à la venue d’une autre crise. Même si ces crises peuvent être surprenantes, elles sont habituellement sans conséquence. Comment éviter que ce phénomène se reproduise à nouveau? Parlons en ensemble!

Les statistiques

La littérature nous apprend que les convulsions fébriles peuvent arriver à tous les enfants en bonne santé avec un développement normal, dès l’âge de 3 mois. On dit qu’il est possible qu’un enfant fasse des crises de convulsions en lien à une élévation rapide de la température corporelle jusqu’à 5 ans, avec un pic d’importance autour de l’âge de 18 mois. On dit qu’il y a 2 à 7% des jeunes enfants qui feront au moins une crise de convulsions fébriles avant l’âge de 5 ans.

Définition d’une convulsion fébrile

Les convulsions fébriles se définissent habituellement comme une affection du jeune enfant de 3 mois à 5 ans, chez lequel on remarque une fièvre sans infection intracérébrale apparente ou cause définie. Le plus souvent, ces crises sont inoffensives, brèves et sans conséquence pour le jeune enfant. Il n’y a pas de danger pour la vie de votre bébé, ni pour son état cérébral, ni pour ses facultés intellectuelles.

Pourquoi cela arrive-t-il?

Comme je le répète souvent, un bébé immature a des réactions, des réponses physiologiques ou de défense assez spectaculaires et ce, aussi au niveau cérébral. C’est pourquoi, lorsqu’une fièvre survient, un état fébrile, avec une hausse de température corporelle intense et subite, le mécanisme thermorégulateur cérébral du jeune bébé se déclenche, et en réaction, et des convulsions peuvent survenir. C’est pourquoi on voit beaucoup moins de crises après l’âge de 3 ans puisque l’enfant continue sa maturation et les réponses face à une fièvre sont moins propices à l’éclatement d’une convulsion.

Il y a toujours un seuil de tolérance à la hausse de température, et ce, pour chaque enfant. Il y en a dont la crise se présentera plus rapidement que d’autres dès le 38 degrés de température, et d’autres se manifesteront davantage après 40 degrés Celsius. Ce qui est sûr, c’est que si un enfant a fait des convulsions fébriles à un moment, il sera plus propice d’en refaire avec l’atteinte de ce même seuil à travers le temps en attendant sa maturation cérébrale.

Crédit photo photo : brytny.com

Les signes cliniques d’une convulsion fébrile

Il y a deux formes de crises de convulsion fébrile, la forme simple et la forme complexe. Les signes cliniques seront assez spécifiques. Voyez en résumé les manifestations possibles selon les deux formes possibles :

Forme simple

  • C’est la plus fréquente.
  • Lors d’un épisode, il peut y avoir 1 à 3 crises de convulsions.
  • La crise peut durer de 1 à 15 minutes, mais le plus fréquemment, de 1 à 5 minutes.
  • Présentation de mouvements saccadés des membres (bras et jambes), de façon symétrique des 2 côtés, et des mouvements cloniques. Mouvements cloniques signifie: des contractions musculaires involontaires comme des spasmes rythmés, en alternance avec des périodes de relaxation et de relâchement qu’on appelle aussi, «hypotonie». Le corps devient alors mou et détendu. Certains en perdent connaissance.

Ce type de crise n’est pas relié à un trouble neurologique et même si la durée est plus longue, cela n’est pas l’indice d’un mauvais présage pour autant, lorsque l’enfant est en bonne santé au départ.

Forme complexe

  • Elle arrive plus chez les enfants avec des symptômes neurologiques ou lorsqu’il y a un trouble de développement psychomoteur.
  • Les crises tonico-cloniques sont souvent plus longues que la forme simple et à la contraction, peut s’ajouter la notion de tonicité accrue avec des raideurs soudaines et importantes qu’on appelle la phase tonique. C’est le mouvement de contraction «clonique» et la raideur «tonique» qu’on appelle une crise tonico-clonique.
  • Les crises peuvent survenir sans la présence de fièvre.
  • Les épisodes de crises peuvent se répéter plusieurs fois en 24h.
  • Les signes cliniques peuvent se manifester de façon unilatérale.

Établir le diagnostic

Pour établir un diagnostic face aux événements présentés par votre bébé, le médecin devra faire une évaluation complète de votre situation en fonction de l’histoire qui a précédé la survenue de la crise de convulsion et l’âge de votre enfant. C’est grâce à la description que vous ferez, que le médecin sera en mesure de poser son diagnostic. Un examen physique complet du bébé ainsi qu’un questionnaire seront faits.

Y a-t-il une infection sous-jacente? Une vaccination? Un trouble de la glycémie ou de calcium dans le sang du bébé?

Il est peu probable que le médecin demande des tests complémentaires face à des convulsions fébriles, mais s’il y a une suspicion quelconque, de l’hérédité, une histoire médicale douteuse, une ponction lombaire pourrait être faite pour éliminer une méningite ou bien un électroencéphalogramme (EEG) pour établir un lien avec l’état cérébral du bébé.

Très important de prendre la température d’un bébé de moins de 2 ans par voie anale, pour plus de précision dans l’évaluation de sa température corporelle. Le thermomètre rectal électronique à affichage numérique, incassable, sans verre ni mercure sera le meilleur choix à faire lors d’un achat.

Crédit photo: sborisov

Le traitement

La crise se résout le plus souvent spontanément et le fait de réduire la hausse de température avec des anti-fièvres comme le Tempra, l’Advil (pour nourrisson de plus de 6 mois) peut diminuer la durée et la répétition des crises de convulsions.

La conduite à tenir lors des crises de convulsions fébriles :

  • Surveillez en tout temps le bébé.
  • Couchez votre enfant sur le côté en toute sécurité.
  • Assurez-vous que ses voies respiratoires sont libres.
  • Surveillez les vomissements éventuels.
  • Ne pas empêcher les mouvements et rien dans la bouche

Prévention de la hausse de la température (mesures contre l’hyperthermie) :

  • Évitez de trop habiller ou couvrir votre bébé car cela augmente la température corporelle.
  • Un bain tiède est possible, mais évitez une trop grande différence de température avec l’air ambiant.
  • Donnez la médication anti-fièvre selon la posologie du fabricant par rapport à l’âge ou au poids récent de votre bébé.
  • Donnez le traitement approprié si vous avez une prescription pour une infection diagnostiquée.

Les facteurs de risques des convulsions fébriles chez le jeune enfant

Il est difficile d’établir des facteurs de risques précis pour l’avènement des crises de convulsions fébriles. Il semblerait qu’il peut y avoir une prédisposition familiale. L’apport génétique compte pour environ 30% de l’apparition des crises chez les enfants, surtout si les deux parents en ont déjà fait eux-mêmes.

Le fait d’être âgé de moins d’un an rend aussi les enfants plus à risque comme j’expliquais plus haut dans ce billet, puisqu’ils ont un système plus immature. Et finalement, un enfant qui a déjà des convulsions fébriles est plus à risque d’en refaire d’autres, en fonction de son seuil de tolérance dans les mêmes conditions et ce, jusqu’à l’âge de 5 ans.

Idéalement après une convulsion, on devrait faire voir le bébé par un professionnel de la santé pour s’assurer qu’il n’y a pas rien relié de grave. Une consultation sera aussi à prévoir si le bébé convulse avant 6 mois de vie, si la convulsion dure plus de 3 minutes et si l’état du bébé se détériore ou ne revient pas à sa normale assez rapidement.

Voilà pour les informations pertinentes sur le sujet des convulsions fébriles et j’espère que cela a pu vous éclairer et vous aider à agir en prévention lors de la hausse de température de votre enfant.

Pour compléter vos connaissances sur le sujet, lisez ces billets :

Ou visionnez ces vidéos :

On se dit à bientôt,

Marie
La spécialiste des bébés

Crédit photo : Ferli

Ce billet est également disponible en: English

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