Dans un billet précédent, je vous ai entretenu de la définition d’une fausse couche et des facteurs plus prédisposants et, aujourd’hui, j’aimerais poursuivre sur le sujet afin d’en faire davantage le tour et de finir ensemble notre réflexion. Nous savons qu’hommes et femmes expriment dans la vie de tous les jours leurs émotions de façon très différente. Cela est aussi vrai en ce qui concerne la réaction à une fausse couche. Quelles sont, respectivement, les expressions les plus rencontrées et les stratégies d’adaptation, quelle est la répercussion sur le couple et le reste de la famille?

Le fait de devenir père se vit davantage dans la tête que dans l’émotion, contrairement à la femme qui porte le fœtus et s’y attache plus rapidement. De ce fait, les réactions des femmes sont souvent plus intenses que celles des hommes. La femme vivra plus un sentiment d’échec, de honte, de culpabilité de ne pas avoir été capable de mener sa grossesse à terme et elle aura peur d’avoir déçu son amoureux et son entourage. Elle se sentira souvent vide d’avoir perdu une partie d’elle-même et pourra entretenir des craintes sur sa capacité de concevoir à nouveau. Souvent, les femmes auront besoin de parler du bébé, de communiquer leur tristesse, leur vécu et rechercheront l’écoute, le soutien et la sollicitude de leur entourage.

Chez l’homme

Chez l’homme, la perte est plus vécue comme une tristesse qu’un sentiment de perte. Il se sent souvent seul pour vivre son émotion et retient davantage sa peine pour éviter d’attrister encore plus sa conjointe. Il se sent impuissant et a l’impression d’avoir manqué à son devoir de protection de la famille. Ses stratégies d’adaptation se voient surtout dans son attitude d’homme fort, son désir de ne plus parler de la fausse couche, sa tendance à réprimer ses émotions ou à les vivre de façon très très privée. Il tentera de réconforter sa conjointe, de faire les démarches nécessaires liées au décès, s’il y a lieu, et reprendra vite ses activités habituelles. Certains iront se réfugier dans le travail, le sport ou la consommation d’alcool pour cacher leur peine.

Pour le couple, perdre un bébé est une épreuve à traverser ensemble.

Dépendamment du lien préexistant, l’impact sera différent et pourra soit rapprocher le couple ou l’éloigner. Le fait de vivre les étapes du deuil à un rythme personnel a parfois pour conséquence d’engendrer des incompréhensions et des problèmes de communication dans le couple. Même l’intimité sexuelle peut être touchée : se rappeler le bébé qu’ils viennent de perdre; avoir peur d’être à nouveau enceinte et de perdre encore le bébé; connaître une diminution du désir ou de l’envie de ressentir du plaisir lorsqu’on est si triste…

Chez l’enfant (frère ou sœur)

Pour ce qui est de la réaction des enfants de la famille, tout dépend de leur âge et de leur compréhension de la mort, mais ils sont plus soucieux du bien-être de leurs parents que de la perte du bébé. Ils peuvent se sentir abandonnés, coupables d’avoir peut-être souhaité la mort du bébé ou anxieux de perdre leurs parents.

La décision d’enfanter à nouveau dépend de chaque couple ou famille. Les parents sont encouragés à choisir le moment qu’ils jugent, eux, opportun pour s’engager une nouvelle fois dans l’aventure de concevoir.

Si vous me lisez et que vous avez peur des suites, je vous invite à vous faire confiance et à écouter votre petite voix intérieure qui saura vous guider jusqu’à bon port.

À bientôt!

Marie
La spécialiste des bébés

Une vidéo sur le deuil périnatal des pères : Cinq hommes racontent « Quand passe la tempête, le deuil des pères ».

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5 Commentaires. Leave new

  • Chère Carole,

    Merci pour ton témoignage. J’en ai le frisson!
    J’ai accompagné des couples qui ont vécu cette expérience horrible de perdre leur bébé ainsi. Votre petit ange est là pour vous aider à vivre l’instant présent et accueillir votre deuxième enfant dans votre vie. Je vous accompagne en pensée et je suis très empathique à votre situation.
    Merci encore pour votre texte touchant.
    Marie

  • Moi il y a 11 mois j’ai accoucher de mon premier garçon. Je n’avais aucun travail de commencer et mon médecin malgré un diabète de grossesse et une pression souvent problématique m’a laisser aller trop loin! A la date de ma provocation 41.4 je suis rentrer à l’hôpital, la vieille j’y étais bebe allait bien mais bougeait très peu 3 heures sous le moniteur pour qu’on me laisse repartir et le lendemain on arrive avec toute nos valises on s’installe et le cœur de mon garcon à cesser! 6 jours auparavant le père de mon mon conjoint est décédé. Et on m’apprend que mon garcon également! 36 heures de travail ça m’a prise partir de zéro ouvrir à 10 mettre au monde mon 1er enfant tant désiré sans aucun bruit mis à part mes criant et mes pleures! Un beau garçon de 8lbs 20 pouces parfait !!!! Notre vie a changer à jamais, ce relever de cette épreuve est ce qui est de plus difficile. L’autopsie a été fait bebe était en parfaite santé le temps d’en gestation fut trop long pour lui et a pris sa vie! Le protocole permet d’aller jusqu’à 42 Semaines et je trouve ça totalement immonde… pourtant avec mon antécédent maintenant je suis enceinte à nouveau et on m’a dit on vous provoquera à 37 Semaines maintenant madame! C’est enrageant! Bref les soutiens ce fond rare, les amis souvent mal à l’aise s’éloignent on nest souvent laisser à nous meme. Bon courage à toutes les mamans et parents de petits anges!!

  • […] Réactions à la fausse couche […]

  • Bonjour à vous,
    OUFFFFFFFFFFFFFFFFFF chère Mme Fortin,

    Je suis vraiment touchée par votre témoignage et je suis certaine que d’autres femmes qui ont vécu cette malheureuse expérience se sont retrouvées avec vos écrits et merci d’avoir partagé cela avec nous et si cela vous a fait du bien d’écrire, j’en suis ravie afin de vous apaiser quelque peu………

    Je vous envoi de la belle et bonne énergie à vous et votre amoureux et je vous souhaite le meilleur à venir,
    Marie

  • Une nuit d’enfer, le début d’un deuil…

    Dans la vie nous vivons des bons moments, mais aussi des moments durs à surmonter.

    Un jour on m’a dit que j’étais enceinte a nouveau (après une fausse couche a 9 semaines l’été dernier.) Qu’elle bonne nouvelle! J’avais envie de le hurler à la terre entière. Chaque semaine qui passait était une semaine de bonheur. J’étais fière de moi, de nous et de se petit bout qui débutait tranquillement sa vie en moi. J’etais maintenant a presque 14 semaines…

    La première échographie est la preuve indéniable que vous êtes l’hôte d’un petit être qui va grandir et vous rendre heureuse au fil des mois.
    La Première écho s’était très bien passé, On m’a dit qu’il était en parfaite santé, que mes résultats étaient bons, ce qui me remplissait un peu plus de joie. On voyait son petit cœur qui battait la chamade. Le lien se créait, cet enfant était le mien. Oui, déjà, le mien et le sien, lui qui se sentait déjà fier de celui qui sera un peu de lui et de moi. Une belle grossesse, un petit souci côté sommeil et c’est tout, j’étais heureuse et tout allait bien.

    13 Semaines de passé et j’avais hâte qu’arrive la consultation chez le doc qui devait être dans quelques jours, je savais qu’il était probable que cette fois ont entende le petit coeur, puisqu’il avait sans doutes grandit, L’attente me semblait alors interminable.

    Ne pouvant plus contenir ma joie je criais à qui voulait l’entendre que j’attendais un heureux évènement, et qu’il était bien accroché. L’homme de ma vie et moi commencions même à chercher un prénom pour ce petit bout, mais bon, nous avions tout notre temps pour en trouver un.

    Nos amis, nos parents, nos collègues, tous nous félicitaient pour cet événement qui mettait de la joie dans nos yeux. Tout allait pour le mieux.

    Comme si je n’avais pas droit au bonheur, le soir du premier de l’an 2018, j’ai été prise de petites crampes et d’un peu de saignements, je décida alors de ne pas m’en faire et me coucha vers 9h. Vers 3h du matin je me réveille, les saignements ont rempiré, alors je décide de partir pour l’hôpital. Ca ne semble pas être très grave puisqu’ont me renvoit en salle d’attente après mon inscription… une heure après on m’appelle, après examen le médecin me dit que mon examen gynécologique semble ok, mon col est beau, que je ne suis pas en fausse couche, ont voit même le bébé sur la machine d’écho portatif. Elle me conseilla donc de partir chez moi me reposer en attendant que l’hôpital ne rappelle pour passer un autre echo plus poussé au matin. Je repars pour la maison avec un petit espoir, a peine arrivé je me mets a saigner vraiment beaucoup, l’enfer…. je réveille mon homme et le supplie de répartir immédiatement pour l’hôpital.

    ( je dois vous dire que l’hôpital déborde ces jours-ci, que la salle d’attente et les urgences, les corridors.. c’est fou comme il y a du monde!!)

    Il est a peine 6 h du matin, en arrivant il m’ont installé immédiatement sur une civière, installé des suces partout, ben le trucs pour le coeur la, installé les cathéteres a fin de me donner du sérum, ça avait l’air de presser car javais perdu beaucoup de sang. Même pas 5 minutes après, ont s’excuse en me disant qu’ont doit me changer de place et de lit car ont a besoin de la machine a fin de ploguer quelqu’un d’autre qui en a besoin… une chance que ça pressait hein! Ont m’installe dans le passage, juste a l’endroit ou les ambulances arrivait… après plus rien. Ont ne m’a pas reploguer, on est pas revenu me voir, n’y voir seulement comment j’allais AVANT 12h00, l’heure ou ils sont venu me chercher pour l’échographie. Je dois dire que le radiologiste de garde a été appeller a 8h et est arrivé 4h plus tard car il etait en congés des fêtes… habitait-il au îles moukmouk ?!?!

    Une fois installé sur la table, je demande a celui-ci si tout vas bien, l’air un peu bête il me lance » y’a pas de bébé, et pas de sac!! » Heu! Ben voyons, la nuit dernière j’ai vu mon bébé, êtes-vous sûr?? Ce qui veut dire que jai expulsée bébé entre les 2 écho..

    Incompréhension, colère, peine… je ne sais plus ou mettre la tête, j’ai mal. Mon cœur s’est brisé. En général, on expulse les mauvais payeurs, on expulse des clandestins, pas le bébé dont on rêve depuis un peu plus de 3 mois. Mon monde avec bébé s’effondre, mes rêves s’évaporent. Je dois accepter ce qui ce passe. C’est dur de savoir d’emblée qu’on ne va pas donner la vie mais qu’on a donné la mort. C’est dur d’accepter.

    12h30, nous redécendons a l’urgence, je suis triste, tout ce que je veux c’est des réponses à mes questions, que quelqu’un autre que mon homme me dise, t’inquiètes ca vas bien aller, nous sommes l’a pour toi, nous comprenons ta peine.

    Pas mangé depuis presque 24h, J’avais faim, mais devais rester a jeun au cas ou ont aurait besoin d’un intervention d’urgence… j’avais froid, j’avais chaud, je me sentais sale, je sentais que ma vie c’était arrêter un instant, tout ce que je voulais c’est qu’ont me dise si que je pouvais partir chez moi a fin de vivre ma peine avec mon chum tranquille. J’étais étourdis de tout ce brouaha de l’urgence et j’avais les nerfs a bout.

    Plusieurs heures passent… nos questions restes toujours sans réponses, personnes ne semble s’intéresser a nous, personnes ne vient….ont est vraiment des numéros dans ce système de sante de M****. Quand tu dis que nos chiens sont mieux traités par les vétérinaires, ca va pas bien!

    3h plus tard, un médecin vient enfin me voir, me lance a la course… je suis désoler, je sais que c’est platte mais bon, c’est terminé, vous avez votre congé, quelqu’un va venir vous enlever tout ça… heu!! Allooo, personnes ne peut prendre le temps de nous expliquer!?! Ben non, c’est ben trop la folie ici!

    Je pensait à ma mère, à ma famille, mes amis qui en ce premier de l’an m’ont souhaité un beau bébé en santé , à celui qui m’a choisie pour partager sa vie et à qui je faisais passer quasi de force ce moment tragique. Je me disais que je devais être forte, ce n’était qu’un mauvais cap à passer, que je devais être courageuse.

    Mais la femme forte s’est effondré et ne comprends pas ce qui cest passé en si peu de temps… est ce qu’ont aurait pu faire quelque chose entre les 2 écho au lieu de me renvoyer chez-moi? Je ne ne sais pas, peut être que oui, peut-être que non! Ca sera comme cette journée d’enfer, ont restera sans réponses. Je suis dans un rêve, dont j’aimerais bien qu’il finisse.

    La technologie a son côté pervers. On nous fait voir le bébé sur une machine, entendre le cœur et dans le cas ou ça se passe mal, on doit faire face au déchirement de la séparation. On doit se détacher car entre 2 technologie, paf! C’est fini! Pourquoi il n’a pas eu le droit à la vie ? Est-ce que c’est de ma faute ? C’est la faute de qui ?

    Mais voilà, c’est la vie qui est faite ainsi, c’est la faute à pas de chance et encore moins la mienne. L’homme de ma vie est un homme qui a de la force et qui est courageux, c’est quelqu’un de bien, patient et compréhensif. Merci à lui, merci à toi mon bel amour de m’avoir tenu la main dans ce moment difficile.

    Merci a ma mère, mes cousines, Merci à mes amies d’avoir montré que vous ne me lâchiez pas. ( contrairement a ce système de santé de M***)

    Écrire ceci m’a fait énormément de bien et n’est que le début d’un deuil par qui malheureusement je dois passer! Par contre j’ai beau chercher, je ne trouve aucune aide dans mon coin de pays.

    Je me dis toujours que j’ai vécu pire dans la vie… mais celle l’a je la trouve roff! A toutes ces femmes qui ont du passer par l’à, je vous comprends tellement maintenant, je suis de tout coeur avec vous!

    Mais la vie continue…
    Je me donne le droit de pleurer, de rager, de crier… c’est le début d’une longue étape à passer.

    Sur la côte Nord, comme partout ailleurs beaucoup de femmes ont a vivre et continuer leur vie après ce triste évènement , plusieurs on vécu ce que j’ai vécu a l’urgence ce jours l’a. Ici a Baie Comeau nous n’avons pas la chance d’avoir des groupe de deuils périnatales, je trouve ca désolant, voir même frustrant de devoir aller chercher de l’aide ailleurs.

    Pour ma part, seul le temps fera son œuvre à travers cette épreuve… au jour le jour. Par contre, en ce qui concerne les soins reçus, je pense qu’il serait important de dénoncer cette situation et mes sentiments face à celle ci! La fusion des dernières années a fait en sorte que notre système de santé, déjà malade, s’est encore plus affaibli compromettant ainsi là qualités soins. Si personne ne se plaint de ce genre de situations ça risque de devenir de plus en plus récurrent. Des amies infirmières ainsi que le médecin qui suivait ma grossesse veulent que je porte plainte et m’appuierait a 100%… Ont verra quand j’en aurai la force.

    Si je n’aurait pas eu de rendez vous de ceduler avec ce médecin jeudi, je n’aurais pas eu de suivi dutout puisque je nai pas de médecin de famille. (J’ai été chanceuse car il a pris linitiative de me suive et de ne pas me laisser tomber) cest un jeune résident super humain et très gentil.

    Ca ne me rentre pas dans la tête que nous n’ayons pas de groupe de soutient par ici… Je connais des femmes qui dernièrement ont passé par l’à. ( elle ont accoucher a plus de 20 semaines et ont tenu leur bébé mort né dans leurs bras.) Pour le système, 2 fausses couches c’est la normalité des choses… ben dans mon livre a moi, que ca arrive 1 fois ou 5 fois, que ça ce passe à 8 semaines ou a 20, c’est un deuil et un long processus qui demande un minimum de soutient.

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