Lisez la partie précédente du billet : Répercussions possibles des troubles anxieux

On peut dire que les conséquences peuvent être nombreuses pour les personnes qui vivent au quotidien avec des problèmes d’anxiété.

Une première série de conséquences découle de l’ensemble des comportements qu’adopte la personne pour essayer de gérer son anxiété. Cette personne tente, tant bien que mal, à diminuer ou à empêcher que se produise ses malaises. Ces tentatives répétées pour prévenir ses réactions se traduisent pas différents impacts dans le quotidien comme :

  1. L’évitement (par un comportement ou par la pensée)
  2. La réassurance
  3. Les comportements sécurisants (vérification excessive, surcontrôle et surprotection)
  4. Autres conséquences possibles

1. L’évitement 

Lorsque le parent se sent anxieux et angoissé, il peut premièrement faire deux types d’évitement : 1) soit par son comportement ou 2) par ses pensées (cognitif).

  • L’évitement comportemental : c’est le plus évident. Il consiste à éviter ce qui fait peur. Nous avons vu quelques exemples, comme déléguer de plus en plus de tâches avec l’enfant, éviter des endroits par peur de se sentir mal.
  • L’évitement cognitif : réfère à tout ce que le parent peut faire pour éviter de penser à ce qui le rend anxieux. Ça peut être d’essayer de penser constamment à autre chose, se répéter des choses sécurisantes pour se sentir bien.

2. La réassurance

Les comportements de réassurance visent à diminuer l’inconfort et essayer de se convaincre que ce qui est appréhendé n’arrivera pas. Ça peut être des demandes constantes de réassurance au conjoint, des visites médicales à répétitions. Souvent les parents anxieux pensent à des stratégies pour moins déranger leur entourage et faire que leurs demandes de réassurance passent inaperçues. Par exemple : demander à l’autre parent d’aller vérifier si un objet a été oublié dans la chambre de l’enfant pour vérifier indirectement s’il n’y a rien.

3. Les comportements sécurisants

Enfin, il y aussi les comportements appelés comportements sécurisants. Ceux-ci sont aussi faits en réaction à l’anxiété.
Trois sont plus fréquents chez les parents : la vérification excessive, le surcontrôle et la surprotection qu’on peut regrouper ensemble

La vérification excessive : Souvent faite pour s’assurer que tout est correct et calmer l’anxiété. Par exemple : vérifier constamment des signes de problèmes de santé pour soi ou pour l’enfant, même après avoir déjà vérifié. Passer un temps énorme à vérifier le sac pour la garderie, à plusieurs reprises. Vérifier régulièrement auprès de la gardienne.

Le surcontrôle et la surprotection : réfèrent à tous les comportements faits pour contrôler l’environnement, protéger l’enfant et diminuer son anxiété. Par exemple : laisser peu de place aux autres pour les soins du bébé. Empêcher les enfants plus vieux de faire plusieurs activités pour éviter qu’il ne leur arrive quelque chose.

Tous ces comportements sont des conséquences de l’anxiété. Ils ont des impacts importants pour la qualité de vie du parent. Ils peuvent diminuer l’anxiété à court terme, mais c’est toujours à recommencer. Ils augmentent alors la fatigue et touchent aussi à la relation avec les autres. Un papa par exemple peut se sentir exclu pour ses enfants et chaque conjoint peut se sentir seul chacun de leur côté.

Ce qui est dommage dans le surcontrôle et la surprotection c’est que souvent les conséquences appréhendées n’arrivent pas et cela renforcent encore une fois la personne dans ses comportements de contrôle en pensant qu’elle a bien fait de les faire.

4. Autres conséquences possibles de l’anxiété

Une anxiété élevée et persistante pour une femme enceinte pourrait jouer sur la circulation sanguine intra-utérine et avoir un impact sur la croissance, le poids du bébé à la naissance et même sur l’accouchement prématuré.  

Au niveau de l’attachement, on peut dire que l’anxiété peut aussi avoir un impact sur le développement de la relation parent-enfant et on peut dire que les retombées de l’anxiété peuvent se répercuter également sur la relation de couple et la satisfaction conjugale plus faible au final. Plusieurs parents éviteront de parler de certains sujets ou de pratiquer des activités particulières afin d’esquiver à tout prix, le déclenchement des réactions d’anxiété que ceux-ci pourraient produire  chez leur partenaire.

Il faut dire également que les comportements de surcontrôle et de surprotection pourraient avoir un impact à moyen et long terme sur le développement de l’enfant lui-même au niveau moteur mais aussi social. Le fait d’empêcher le bébé de faire des choses ou de faire pour lui peut nuire à son autonomie et nourrir de l’insécurité chez ce dernier au niveau psychologique.

Les conséquences ne sont pas toujours conscientes. C’est pourquoi, il est bien de porter une attention particulière aux commentaires de ceux qui sont autour de vous, de vos proches, pour mieux comprendre ce qui se passe. Avoir plus conscience de nos réactions, de ce qui les provoque, des effets que cela a sur notre vie, et comment on peut pallier à ces ressentis dans notre quotidien, est à mon sens, un premier pas pour explorer des pistes de solutions.  

On peut apprendre à apprivoiser son anxiété et mieux la gérer graduellement avec le temps et vivre avec moins de détresse au final.

Lisez la suite : Les facteurs prédisposant à vivre de l’anxiété en période périnatale

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