Avez-vous lu la partie précédente : Les manifestations de l’anxiété : TAG, crises de panique et TOC?

Les phobies spécifiques liées à la période périnatale

Plusieurs peurs spécifiques et très intenses peuvent se présenter dans la période périnatale. Deux phobies sont relativement fréquentes et peuvent avoir une interférence importante sur le fonctionnement.

La première est la peur de l’accouchement, aussi appelé tocophobie. En bref, la peur de l’accouchement peut comporter diverses peurs comme celle de la douleur, de complications et la mort, pour soi ou pour le bébé. Elle peut aussi inclure la peur de perdre le contrôle durant l’accouchement ou que l’accouchement soit une expérience traumatisante. À un certain degré, la peur de l’accouchement est présente chez la majorité des mères. Encore une fois, pour que cela soit considéré comme un trouble anxieux, il faut que cela interfère avec le fonctionnement de la mère. La femme enceinte reconnait que sa peur est excessive. Enfin, sa peur est liée à beaucoup d’évitement. J’ai déjà traité en détails de ce sujet dans un billet éducatif, je vous invite à consulter La peur de l’accouchement vous connaissez? Cette peur se nomme la tocophobie.

Une deuxième phobie rencontrée en périnatalité est la peur de vomir.
En fait, la peur de vomir est une phobie assez fréquente chez les enfants et les adultes. Durant la grossesse, les nausées peuvent venir réactiver cette peur chez certaines mères qui en arrivent ensuite à appréhender l’ensemble de la grossesse, l’accouchement et même, la période postnatale étant donné la régurgitation et les vomissements fréquents chez le nouveau-né. S’en suivent alors d’autres inquiétudes, comme celle d’avoir peur de ne pas être capable de s’occuper du bébé, d’être un fardeau pour la famille etc. Tout comme pour la peur de l’accouchement, la peur de vomir peut teinter grandement la préparation de la mère durant la grossesse qui essaiera d’éviter le plus possible toutes les situations qui pourraient l’amener à avoir envie de vomir. Après l’accouchement, la nouvelle mère aura tendance à survérifier la santé de l’enfant et à exercer un surcontrôle pour éviter qu’il soit malade, lui-même ou l’un des membres de la famille.

Le trouble de stress post-traumatique découlant de l’accouchement

Comme son nom l’indique, le trouble de stress post-traumatique lié à l’accouchement est identifié lorsque le père ou la mère présente un ensemble de symptômes anxieux à la suite d’une expérience d’accouchement jugée traumatique, effrayante ou menaçante.

Manifestations principales : En d’autres mots, le trouble de stress post-traumatique peut se produire lorsque le parent présente un ensemble de symptômes anxieux à la suite d’une expérience d’accouchement jugée traumatisante, effrayante et menaçante. Voir l’expérience de l’accouchement comme une menace, un danger pour sa vie ou la vie du bébé ou celle du partenaire. Ainsi, cela peut se produire juste en étant témoin d’un danger pour le bébé ou le/la partenaire. La personne se sent impuissante.

Une fois l’accouchement passé, le parent rapporte revivre l’expérience traumatisante à répétition :

  • Des souvenirs ou pensées répétitifs involontaires provoquant de la détresse,
  • Dans des flashbacks où il se sent comme s’il revivait la situation traumatique,
  • Dans des rêves répétitifs de l’événement provoquant un sentiment de détresse,
  • En revoyant des éléments qui lui font repenser à l’accouchement (une jaquette d’hôpital, le cordon ombilical, des personnes).

Comme pour les troubles anxieux précédents, le parent peut manifester une augmentation d’irritabilité, de colère, d’hypervigilance et de réactions de sursaut. Il peut en venir à de l’évitement ou à des efforts pour échapper à des les souvenirs ou des choses qui lui rappellent ce qu’il a vécu comme : l’endroit, certaines personnes, des conversations sur la naissance etc.

Trouble d’anxiété sociale ou phobie sociale

C’est probablement le trouble anxieux le moins étudié dans la période périnatale.

Manifestations principales : Peur excessive et persistante en situation sociale ou peur d’être évaluée négativement. Le parent ressent de l’anxiété presque chaque fois qu’il est en présence de gens qui pourraient le juger. Le parent reconnaît que sa peur est excessive. Il évite généralement les situations sociales ou les subit avec beaucoup de détresse.

On peut remarquer chez environ de 2 à 6% des mères que, les changements corporels, les nouveaux rôles de parents et le fait que la mère passe beaucoup de temps avec l’enfant peut l’amener à se préoccuper de n’avoir rien à dire d’intéressant et/ou de mal paraître face aux autres. Elle se compare souvent et peut même douter de ce qu’elle fait avec le bébé et s’isoler davantage, ce qui augmente par le fait même, sa détresse.

Lisez la suite : Répercussions possibles des troubles anxieux

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