Comment favoriser un endormissement autonome chez mon bébé

Postnatal

 

Mise à jour du billet juillet 2021

Il faut apprendre au bébé à s’endormir de lui‑même, sans qu’il ait besoin chaque fois de la présence d’un de ses parents, et ce, en toute confiance et en sécurité dans son développement. Maintes études mettent en perspective que le comportement parental a une grande influence sur le développement de l’endormissement autonome chez leur enfant, en vue de prévenir les problèmes de sommeil plus tard dans sa vie grâce à la mise en place de conditions gagnantes. Ce qu’il faut retenir, avant toute chose, c’est que les attentes des parents concernant le sommeil de leur enfant doivent être réalistes. Les enfants doivent dormir suffisamment pour maximiser leur développement, tout en gardant en tête que chaque enfant à son rythme d’apprentissage, mais a souvent besoin de ses parents pour y arriver.

Avant d’entamer quoi que ce soit pour favoriser le sommeil de votre bébé de façon autonome, il faut que les deux parents soient prêts à combiner leurs forces intérieures, leur tolérance, leur patience et à s’entraider pour y arriver. Avec toute mon expérience auprès des familles, je remarque très fréquemment une accélération dans le processus d’endormissement autonome chez un bébé quand les deux parents s’offrent un soutien mutuel dans leur décision commune et quand le père intervient rapidement dans la nouvelle routine à établir, surtout si maman allaite encore. Tout cela dans une cohérence et une complémentarité de rôle entre les parents pour que le bébé sache à quoi s’attendre, peu importe si c’est maman ou papa qui vient lorsqu’il appelle.

Il est essentiel de savoir que si vous voulez débuter un processus pour aider l’endormissement autonome de votre enfant et qu’en cours de route, vous revenez à vos anciennes habitudes, le bébé fera de même. Cela fera naître beaucoup de frustration de part et d’autre dans vos attentes et les efforts que vous y aurez mis. À la base, il faut avoir confiance en votre bébé et en vous-mêmes, et ce, au même titre que la transition aux solides ou l’apprentissage de la marche chez votre bébé. Aider son enfant à mieux dormir, c’est l’aider à devenir grand, c’est un pas de plus vers l’autonomie et l’indépendance. La constance et la persistance sont les éléments clés de succès.

Il y a plusieurs moyens simples et techniques plus spécifiques qui sont proposés pour aider le bébé à initier son endormissement de façon autonome.

Vidéo éducative de Marie

Techniques pour aider le bébé à initier son
endormissement :

  1. Installation de la routine du dodo :

    La routine du soir doit être bien installée et suivie avec le boire, le bain, le massage, mettre bébé dans la dormeuse ou lui ajouter une petite couverture, ajouter son objet rassurant (après 2 mois) et puis go, le dodo dans son lit. Si vous le bercez, il ne faut pas l’endormir dans vos bras. Le bébé doit être couché éveillé dans son berceau.On peut voir à diminuer la luminosité, les stimulis autres en gardant possiblement un bruit de fond qui contribue souvent à aider l’endormissement du bébé, comme le bruit de moteur d’un aquarium, d’un ventilateur ou d’un déshumidificateur par exemple.Vous pouvez ensuite mettre une chaise près de sa couchette, vous y installer et puis le flatter doucement, chanter doucement et regarder en même temps la durée nécessaire à son endormissement. Puis, chaque soir, on diminue peu à peu la durée de votre présence en quittant la chambre.

  2. L’intervention des parents :

    On peut penser très simplement à ne pas réagir trop rapidement si le bébé se trouve dans la phase de latence de son sommeil où il peut chialer un peu. Aussi, si vous avez son berceau dans votre chambre, ou sa couchette très près de votre lit, juste de mettre une distance de plus en plus grande entre les deux lits peut aider tranquillement à votre éloignement.Quand vous allez le voir, il ne faut pas que l’action posée soit toujours de lui mettre la sucette, ou le prendre, ou le bercer ou lui donner à boire, car il s’attendra à cela. Diminuer au minimum votre intervention et avec le moins de stimulis possible. La nuit, il ne faut pas lui parler beaucoup, ne pas chanter, pas trop de lumière, afin qu’il remarque une différence entre sa routine du coucher, ses éveils la nuit et les siestes le jour.

  3. Bébé a‑t‑il vraiment faim?

    Photo - bébé allaité et endormiSi le bébé est âgé entre 4 à 6 mois et qu’il demande encore à boire la nuit, il est primordial d’évaluer s’il a vraiment soif d’une part et voir s’il ne s’éveille pas davantage par habitude. S’il a déjà fait 5 heures de suite (c’est une nuit pour eux) en dormant par hasard, c’est qu’il est capable de répéter. On sait qu’au niveau physiologique, il n’en a plus besoin. Certes, il peut continuer à le demander par habitude, par programmation, comme nous de manger à midi et non pas par besoin. Changer un automatisme est un processus graduel.S’il s’éveille et ne boit que quelques tétées et s’endort à nouveau, vous avez votre réponse. Si votre bébé se rendort avec la sucette d’amusement, si votre bébé se rendort en le berçant, il n’a pas vraiment faim.

  4. Diminuer graduellement le temps de présence :

    La nuit, on peut diminuer de façon progressive le temps d’assistance à notre bébé. Par exemple, on peut réduire la durée du boire au sein en donnant un sein au lieu de deux et l’arrêter lorsqu’il est somnolent et pas endormi complètement. On peut également remplacer le sein par un biberon ou un verre avec papa, selon l’âge du bébé. Aussi, on peut diminuer tranquillement la quantité de lait dans le biberon ou le verre et recoucher le bébé éveillé dans son lit avec son objet rassurant sécurisant comme : une doudou, une poupée douce sécuritaire, un toutou.N’oubliez pas que vous êtes en train d’instaurer un changement important et cela nécessite du temps et de la persévérance. Avec la constance jour après jour, vous remarquez de moins en moins d’éveils la nuit et votre bébé ne s’en portera pas plus mal et malheureux, il sera juste plus reposé. Il y a aussi la technique de la chaise et la technique progressive d’attente progressive comme autre alternative possible.

  5. La technique de la chaise :

    La technique de la chaise est une manière de sevrer tranquillement le bébé de la présence de son parent dans sa chambre lors de son coucher, et ce, pour des enfants plus âgés. Il faut tenir compte que les jeunes bébés aient souvent des malaises physiques comme les gaz, les reflux ou les intolérances. Ces symptômes influenceront grandement la qualité de leur sommeil et de leur endormissement. Il faut ainsi tenir compte de sa condition de santé au départ et aider les symptômes avant de penser à aider son sommeil. C’est pourquoi la technique de la chaise est suggérée plus tard, quand bébé a un cycle de sommeil plus régulier et va très bien au niveau de son bien‑être général. La routine du soir doit être bien installée et suivie avec le boire, le bain, le massage, mettre bébé dans la dormeuse ou lui ajouter une petite couverture, etc., tout en maintenant l’environnement physique le plus calme possible. Si le bébé semble inconfortable, on peut le caresser, le repositionner, lui offrir son objet sécurisant (après 2 mois) en lui parlant doucement (très peu). Notre premier réflexe, ne devrait pas être de le prendre chaque fois, car l’association erronée se fera très rapidement dans sa tête : je pleure, maman ou papa me prend, je bois et je m’endors. Par la suite, il s’attendra à être consolé toujours de la même façon. Si l’action se répète trop souvent sur une longue période, l’habitude sera créée. Vous couchez bébé toujours éveillé dans son lit avec son objet rassurant et vous installez une chaise près du lit. Vous pouvez mettre votre main sur son corps pour le rassurer et le balancer un peu afin de l’apaiser pour qu’il s’endorme par lui‑même. Jour après jour, cette technique devrait permettre au bébé de s’endormir par lui‑même de plus en plus rapidement et que vous passiez de moins en moins de temps dans la chambre pour qu’il y arrive. Il ne faut pas se décourager lors de vos premières tentatives. Il faut compter environ 3 à 4 jours pour voir toute la transformation chez votre bébé dans sa capacité à s’endormir seul. Il y a des tempéraments chez certains bébés qui demanderont davantage, car beaucoup plus réactifs en général mais c’est la constance dans votre intervention qui fera la différence et qui rassurera le bébé avec le temps.

  6. La technique de l’attente progressive (méthode du 5‑10‑15) :

    La méthode de l’attente progressive est une alternative qui est née dans les années 1956 avec le Dr Richard Ferber, pédiatre de Boston. Elle consiste aussi à aider le bébé à s’endormir seul, sans son parent. Cette technique peut être utilisée dès l’âge de 4 à 6 mois et même plus tard au besoin, facilement jusqu’à 18 mois. L’objectif poursuivi est toujours que le bébé apprenne à s’endormir par lui‑même de façon autonome. Encore une fois, la routine du coucher doit être suivie à la lettre, puis on couchera le bébé dans son lit en fermant la porte pour diminuer la lumière, les stimulis, les bruits extérieurs de sa chambre. Un bruit de fond dans sa chambre peut être maintenu comme dans la technique de la chaise.

  • La première nuit :

    Le parent n’attend pas dans la chambre près du bébé mais la quitte. Le bébé sera en pleurs probablement et c’est le délai d’attente progressif qu’on met de l’avant à partir de ce moment soit : attendre 5 minutes, si vous le pouvez, avant de retourner voir le bébé puis ensuite après 10 minutes et puis chaque 15 minutes ensuite. Il ne faut pas prendre bébé, il ne faut pas lui parler, il faut limiter les interventions au minimum et le plus silencieusement possible. On replace le bébé dans son lit doucement, on le recouvre à nouveau si besoin, on le caresse doucement et on quitte à nouveau la chambre de bébé. Si 5 minutes de pleurs de votre bébé vous paraissent trop longues, vous pouvez y aller plus doucement encore avec une attente progressive allant de 1 minute ou 3 minutes au début, selon votre tolérance. Puis ensuite 5 ou 8 minutes et puis 15 minutes. Il faut tenir compte de nos limites à nous aussi comme parent. À ce moment, on adapte la technique dans les temps d’attente à respecter mais toujours avec la même constance et cohérence. On retourne aux 15 minutes tant que le bébé pleure et qu’il n’est pas endormi. C’est une bonne idée que le père et la mère s’alternent auprès du bébé, surtout si la maman allaite encore le jour. La pratique de cette technique nous montre que la durée des pleurs du bébé sera moindre avec l’intervention du père plutôt que celle de la mère. La première nuit risque d’être assez rock and roll puisque le bébé ne comprend pas trop ce que l’on tente de faire. Il sera rassuré de votre présence sporadique mais en même temps, il apprendra qu’il doit maintenant trouver son sommeil seul. Il fera entendre très certainement son potentiel de pleurs et n’oubliez pas, c’est sa façon de s’exprimer, c’est normal, il n’est pas content.

  • La deuxième nuit :

    On poursuit notre routine en soirée pour initier le sommeil de la nuit avec notre bébé puis, lorsqu’on le couche dans son lit, on sort de la chambre comme la nuit précédente mais là, on attend plutôt 10 minutes avant de s’introduire à nouveau dans sa chambre, s’il pleure bien entendu. Si vous préférez l’attente de plus courte durée, vous pouvez choisir après 5, 7 minutes d’y retourner. Et ensuite, calculer un 5 minutes de plus à attendre à chaque fois avant d’y retourner, et ce, jusqu’à 20 minutes consécutives. Et répéter aux 20 minutes, tant que la situation le nécessitera.

  • La troisième nuit :

    Déjà, la troisième nuit devrait être plus facile. On recommence notre routine en soirée, on le couche éveillé dans son lit et on sort de sa chambre et on attend, 15 ou 20 minutes. Bien souvent, votre visite de contrôle ne sera pas nécessaire puisque le bébé dormira déjà. Avec la récurrence de la technique, la persistance de l’intervention jour après jour, le bébé comprendra qu’il doit maintenant s’endormir seul et il arrivera plus rapidement à le faire avec le temps, autant lors du coucher que la nuit lorsqu’il s’éveillera. Puis par la suite quand le sommeil la nuit va bien, on peut commencer la routine des siestes qui sera différente du rituel du coucher mais avec une même régularité et récurrence.

Comme vous le voyez, c’est un sujet avec beaucoup de contenu et je sais que ces quelques lignes pourront peut‑être aider certains d’entre vous à retrouver une harmonie au sein de votre famille.

Pour bonifier vos connaissances sur le sujet, je vous invite également à visionner la vidéo sur le Sommeil des bébés.

À bientôt,

Marie
La spécialiste des bébés

Références :

  • Challamel, M-J et M. Thirion. Mon enfant dort mal. Éditions Pocket, 2015.
  • Crichton, Georgina E. et B. Symon, Behavioral Management of sleep Problems in infants Under 6 months-What Works, Journal of dev. behav. Pediatrics, volume 37, p. 164-171, 2016. 
  • Gradisar, Michael et al., Behavioral Interventions for Infant Sleep Problems: A Randomized Controlled Trial, American Academy of Pediatrics, mai 2016.
  • Institut national de santé publique du Québec, Guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à 2 ans, section sur le sommeil, p. 248-262, 2016.
  • Langevin, Brigitte, Le sommeil du nourrisson, nouvelle édition, Éditions de Mortagne, 2016.
  • Magazine Enfants Québec, De belles nuits à tous âges, octobre 2013.
  • Martello Evelyne, Enfin je dors… et mes parents aussi, 2e édition, Éditions CHU Sainte-Justine, 2015.
  • Mindell, J. A. et J. A. Owen. Clinical guide to Pediatric sleep: diagnosis and Management of Sleep Problems. 2e édition, Lippincott William & Wilkins, 2010.
  • Revue Bien grandir, En chemin vers de belles nuits, novembre 2011.
  • Revue Naître et grandir, Mieux comprendre le sommeil, octobre 2016.
  • Pantley, Elizabeth, Un sommeil paisible et sans pleurs, Éditions ADA, 2005.

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