Marie Fortier infections urinaires

Infections urinaires et grossesse

Conseils santé>Troisième trimestre

Il est vrai que les infections urinaires peuvent être plus fréquentes pendant la gestation, et il est important de bien comprendre ce phénomène, car il n’est pas sans risque pour une future mère et son bébé.

Ce billet a pour but de répondre aux questions de nombreuses femmes enceintes concernant la survenue d’infections urinaires pendant leur grossesse.

Définition

Une infection urinaire est une maladie liée à des microbes, généralement des bactéries, qui touchent l’arbre urinaire.

L’appareil urinaire d’un humain compte un ensemble de structures, soit: 

Marie Fortier infections urinaires1- l’urètre qui désigne le canal allant du méat urinaire jusqu’à la vessie,

2- la vessie, qui est un réservoir où est emmagasiné l’urine,

3- l’uretère qui correspond au canal allant de la vessie à chaque rein

4- les reins sont responsables de la  filtration de tout le sang et s’occupent de déloger le plus possible les impuretés et les éliminent via les urines.

Lorsque l’infection se situe dans la partie basse du système urinaire, soit la vessie, on nommera cette inflammation plus spécifiquement, une «cystite» qui survient chez 1 à 4 % des femmes enceintes.

Dans la circonstance où l’infection touche plutôt les reins, la partie plus haute de l’appareil urinaire, on parlera davantage d’une pyélonéphrite et son incidence est entre 1 à 2 %.

Bactérie en cause

La bactérie Escherichia coli (E. coli) est, à 90% des cas, responsable des infections urinaires chez les femmes enceintes et le streptocoque du groupe B à 5% environ. Ces bactéries vivent naturellement au niveau intestinal de toutes personnes.

Les facteurs favorisants les infections urinaires durant la grossesse

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent entrer en ligne de compte pour prédisposer une femme enceinte à développer une ou des infections urinaires.

D’entrée de jeux, le simple fait d’être une femme nous met automatiquement plus à risque de développer une infection urinaire de par notre anatomie. Le méat urinaire d’une femme est bien plus proche du rectum et des bactéries potentielles comparativement aux hommes.

Plusieurs autres raisons davantage attribuables à la grossesse peuvent aussi jouer un rôle dans l’apparition de symptômes d’infections urinaires. En voici quelques exemples:

Marie Fortier infections urinaires1-  L’utérus en évolution aura tendance à faire des compressions sur l’appareil urinaire, surtout du côté droit, relié à la rotation de l’utérus en croissance. Il peut y avoir par le fait même un ralentissement de la circulation dans les circuits urinaires et provoquer moins d’écoulement des déchets à évacuer.

2- Les modifications hormonales durant la grossesse amènent une dilatation physiologique des vaisseaux urinaires et ce, dès le premier trimestre. Le méat urinaire est plus distendu et ouvre la porte à la propagation des microbes venant de l’extérieur. Ce relâchement est aussi à l’origine d’un reflux possible de l’urine de la vessie vers les reins.

3- L’effet relaxant de la progestérone sur la musculature aura comme conséquence de dilater davantage la vessie et il sera plus difficile de la vider complètement lors de la miction, donc par conséquent, une plus grande accumulation de déchets.

4- Avec le déplacement de l’utérus, la vessie se retrouve à la longue, davantage dans la cavité abdominale plutôt qu’à l’intérieur du bassin (niveau pelvien) ce qui peut provoquer des douleurs lors de la miction. La position de l’utérus pousse la vessie et peut interférer dans ses fonctions.

5- les changements hormonaux amènent une élévation du pH des urines.L’urine est donc moins acide, ce qui a pour conséquence de diminuer la protection antibactérienne à combattre les micro-organismes provenant de l’extérieur.

6- Le fait que la femme enceinte ait une diminution de son système immunitaire physiologique, de façon naturelle, surtout au dernier trimestre, peut favoriser l’envahissement de bactéries dans l’appareil urinaire.

7- Le fait d’être connue comme une femme qui est prédisposée à faire des infections urinaires répétées avant même d’être enceinte.

8- Le fait de ne pas aller uriner suite à un rapport sexuel.

Dépister une infection urinaire lors du suivi de grossesse

Au Canada, les évidences scientifiques les plus récentes ne montrent pas un bénéfice clair à procéder à un dépistage systématique des infections urinaires lors de chaque visite de suivi de grossesse. Toutefois, une analyse et une culture d’urine font partie intégrante des tests de dépistage préconisés lors du premier trimestre de grossesse pour toutes les femmes enceintes.

Les femmes enceintes qui auront besoin de plus de surveillance, de dépistage et possiblement de traitements sont les femmes enceintes:

1-  qui présentent des antécédents importants d’infections urinaires récidivantes, c’est-à-dire lorsqu’elles surviennent plus de 2 fois en 6 mois ou plus de 3 fois par année.

Marie Fortier infection urinaire2-  qui ont une condition de santé telle que le diabète, qui peut prédisposer ces femmes à souffrir davantage d’infections urinaires récurrentes puisque la quantité de sucre dans son urine peut être plus importante, ce que les bactéries aiment bien.

3- qui verbalisent des symptômes incommodants attribuables à une infection urinaire.

Certains médecins continuent tout de même à faire le test de la petite bandelette dans l’urine (labstix urinaire) lors de certaines visites de suivis pour analyser rapidement et y déceler s’il y a ou non une infection urinaire, même si aucun symptôme n’est manifesté (asymptomatique) par la future maman.

Symptômes:

C’est entre 2 à 15% des femmes enceintes qui présenteront, sans le savoir, une infection urinaire durant leur grossesse puisqu’elles ne souffriront d’aucun symptôme particulier. Cette situation peut malheureusement évoluer vers une infection franche soit en cystite ou une pyélonéphrite.

Si symptômes il y a, ils peuvent se manifester de façon brutale ou progressive, seul ou multiple.

  • Sensation d’une brûlure et douleur lors de la miction
  • envie plus fréquente et urgente d’uriner sans en être capable (ou quelques gouttes seulement)
  • fréquence de miction augmentée (pollakiurie)
  • urine souvent plus foncée, trouble ou brouillée
  • parfois présence de sang dans les urines
  • sensation d’une pression dans le bas ventre
  • parfois, une forte odeur peut provenir des urines.

Complications et prévention des infections urinaires

Complications possibles:

Marie Fortier infections urinaires Lorsqu’une infection urinaire n’est pas dépister et traiter à temps, elle peut évoluer vers la partie haute du système urinaire et provoquer une infection aux reins (pyélonéphrite de grossesse) dans 20 à 40% des cas. En plus de la fièvre, la douleur d’une pyélonéphrite est très intense et localisée plus spécifiquement à la région lombaire du dos. Des frissons, des nausées et des vomissements peuvent aussi accompagner le portrait de cette infection plus spécifique.

On note également comme complications possibles; une augmentation du travail pré terme, une rupture prématurée des membranes et des retards de croissance chez les bébés in-utéro.

C’est pourquoi, il est impératif que la femme enceinte décrive au professionnel de la santé qui suit la grossesse toutes ses observations qui pourraient mener à la prévention d’une infection urinaire et de ses complications potentielles.

La prévention des infections urinaires

Pour prévenir une infection urinaire, il va de soit que les mesures d’hygiène de base sont indiquées et d’autres initiatives peuvent aussi être mises de l’avant pour aider le système à mieux se défendre au niveau génito-urinaire :

  • Laver la région des organes génitaux quotidiennement,
  • S’essuyer ou se laver la région génitale de l’avant vers l’arrière (sans revenir),
  • Uriner avant et après une relation sexuelle,
  • Éviter les bains moussants et les douches vaginales qui peuvent limiter la défense naturelle de l’organisme en réduisant les bonnes bactéries protectrices,
  • Avoir une bonne alimentation, qui contribue à supporter le système immunitaire et à maintenir l’équilibre du pH génito-urinaire un peu plus acide,
  • Boire de l’eau : jusqu’à 2 litres par jour (équivalent à 8 verres d’eau par jour),
  • Limiter la consommation de café ou d’épices, qui peuvent provoquer une irritation de la vessie à la longue,
  • Prendre des probiotiques.
  • Certaines littératures suggèrent de boire du jus de canneberges pour ses propriétés antibactériennes qui empêchent celles-ci de se fixer aux parois urinaires et provoquer des infections.

Le traitement des infections urinaires

Toute infection urinaire chez une femme enceinte dépistée doit être traitée, même si la future mère n’a pas de symptôme particulier. Le but étant toujours, de prévenir les complications potentielles pour elle et son bébé.

Il va de soi que l’on recommandera à la femme enceinte de boire davantage dans son quotidien, afin d’éliminer le plus possible les bactéries qui se trouvent dans son système urinaire pour mieux prévenir l’extension de l’infection vers ses reins.

Marie Fortier infections urinairesPlusieurs antibiotiques peuvent être prescrits pendant la grossesse en toute sécurité. Toutefois, on connaît l’effet des antibiotiques sur la flore vaginale et intestinale. Malheureusement, les antibiotiques attaquent non seulement les mauvaises bactéries, mais aussi les bonnes, la rendant plus vulnérable aux vaginites ou aux vaginoses. Afin de contrebalancer ces effets, on peut penser que la prise de probiotiques serait intéressante pour maintenir le plus possible le milieu génito-urinaire en équilibre et ce, toujours dans un esprit préventif.

Pour plus de détails sur la prise de probiotiques durant la grossesse ou lors de l’allaitement.

Suite à un traitement médicamenteux, il faut vous attendre à devoir faire un ou plusieurs contrôles urinaires après la fin de l’antibiothérapie afin de s’assurer que l’infection urinaire est belle et bien résolue.

En espérant que toutes ces informations pourront vous aider à mieux comprendre l’infection urinaire et ses répercussions, mieux identifier ses symptômes et mieux la prévenir.

Marie Fortier
La spécialiste des bébés

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